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URGO franchit le cap du milliard d’euros : un tournant stratégique pour le groupe familial

URGO franchit le cap du milliard d’euros : un tournant stratégique pour le groupe familial

Le groupe URGO a annoncé, mi-mai 2026, avoir atteint le seuil symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires au niveau mondial. Une étape clé dans le développement de cette entreprise française, restée 100 % familiale et sans dette.

Fondé en 1880 en Bourgogne, URGO s’est progressivement imposé comme un acteur international de référence dans le domaine de la santé. En l’espace de 25 ans, le groupe est passé de 150 millions d’euros à 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, illustrant une trajectoire de croissance soutenue et structurée. Cette dynamique repose avant tout sur une stratégie d’innovation continue. URGO investit massivement en recherche et développement afin de concevoir des solutions médicales à forte valeur ajoutée, notamment dans le traitement des plaies et les dispositifs de compression médicale. Ces expertises contribuent aujourd’hui à positionner le groupe à l’échelle mondiale.

L’expansion du groupe s’appuie également sur une politique d’acquisitions ciblées en Europe, avec l’intégration récente de sociétés en Belgique, en Pologne et en Espagne, permettant de renforcer ses positions et d’ouvrir de nouveaux relais de croissance.

Présent dans plus de 60 pays et fort de 4 000 collaborateurs, URGO bénéficie aujourd’hui d’une dynamique particulièrement soutenue à l’international. Le groupe nourrit des ambitions fortes sur le marché nord-américain, avec une progression attendue de 50 % aux États-Unis dans les deux prochaines années.

Malgré son expansion internationale, URGO maintient un ancrage industriel solide en France, où sont fabriqués près de 80 % de ses produits.

Dans cette logique, le groupe a annoncé un plan d’investissement de 150 millions d’euros sur la période 2026-2027. Ce programme vise à :

  • renforcer les capacités de recherche et développement
  • accélérer l’innovation, notamment dans des domaines comme la peau artificielle
  • moderniser les sites industriels
  • soutenir la création d’emplois qualifiés sur le territoire

Comme le souligne Tristan Le Lous, Président du groupe, cette réussite est avant tout « une fierté collective » portée par l’engagement des équipes et une mission orientée vers la santé.

Avec cette étape symbolique franchie, URGO ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Les investissements annoncés et les ambitions internationales témoignent d’une volonté claire : poursuivre sa croissance tout en renforçant ses capacités industrielles et d’innovation.

Source : Communiqué de presse URGO

Règlement d’exécution (UE) 2026/977 : nouvelles exigences uniformes pour les organismes notifiés MDR/IVDR et clarification opérationnelle de l’annexe VII.

Règlement d’exécution (UE) 2026/977 : nouvelles exigences uniformes pour les organismes notifiés MDR/IVDR et clarification opérationnelle de l’annexe VII.

Le règlement d’exécution (UE) 2026/977 du 4 mai 2026 marque une étape majeure pour les DM et DMDIV. Il précise l’application de l’annexe VII des règlements MDR 2017/745 et IVDR 2017/746.

Un règlement attendu pour harmoniser les pratiques des organismes notifiés

Le règlement d’exécution (UE) 2026/977 de la Commission, daté du 4 mai 2026, établit des exigences uniformes de gestion de la qualité et de procédure applicables aux activités d’évaluation de la conformité réalisées par les organismes notifiés désignés au titre du MDR 2017/745 et de l’IVDR 2017/746. Son objectif est de clarifier l’application de certaines exigences de l’annexe VII de ces deux règlements, en particulier sur les devis, les délais, les interruptions de procédure et les recertifications.

Ce texte répond à une difficulté très concrète observée depuis l’application du MDR et de l’IVDR : des pratiques hétérogènes entre organismes notifiés. Les fabricants étaient confrontés à des niveaux de détail variables dans les devis, à des délais peu prévisibles et à des approches différentes lors des renouvellements de certificats. Le règlement vise donc à restaurer de la prévisibilité, sans réduire l’exigence réglementaire applicable aux dispositifs médicaux et aux DMDIV.

1. Une clarification ciblée de l’annexe VII MDR/IVDR

L’annexe VII du MDR et de l’IVDR fixe les exigences applicables aux organismes notifiés : organisation, impartialité, compétence, procédures, gestion des dossiers, évaluation de la conformité, surveillance, décisions de certification et recertification. Le règlement 2026/977 ne remplace pas cette annexe ; il en précise certaines modalités d’application afin que les organismes notifiés appliquent des règles plus homogènes dans l’Union européenne.

Cette clarification est importante pour les fabricants, car elle touche directement les étapes critiques d’accès ou de maintien au marché : demande de certification, contractualisation, audit du système qualité, revue de documentation technique, gestion des changements, émission du certificat et renouvellement.

2. Des devis plus transparents et mieux encadrés

Le règlement impose aux organismes notifiés de ne proposer un devis qu’après réception d’informations minimales du fabricant :

identité du fabricant, statut microentreprise/PME, représentant autorisé le cas échéant, sites concernés par le SMQ, fournisseurs et sous-traitants critiques, description du dispositif, finalité prévue, technologies utilisées, classification du risque, procédure d’évaluation de la conformité choisie, changements prévus et certificats concernés en cas de recertification.

Le devis doit inclure les coûts totaux estimés, ventilés entre l’évaluation du système de management de la qualité et celle de la documentation technique, ainsi que les coûts typiques liés à la surveillance et aux audits inopinés. Les coûts additionnels éventuels doivent également être identifiés. Toute augmentation supérieure à 10 % des coûts estimés doit être communiquée et justifiée au fabricant.

Pour les fabricants, cela signifie qu’une demande incomplète ou mal structurée peut retarder l’obtention du devis et donc le démarrage réel de la procédure. La préparation amont du dossier devient un levier stratégique.

3. Des délais maximaux pour les principales étapes de certification

Le texte introduit des délais plafonds pour plusieurs étapes clés. La revue de la demande et la signature du contrat doivent être réalisées dans un délai maximal de 30 jours à compter de la réception d’une demande complète. L’audit du système de management de la qualité doit être mené dans un délai maximal de 120 jours. La vérification produit ou la revue de documentation technique doit être réalisée dans un délai maximal de 90 jours. La décision et l’émission du certificat doivent intervenir dans un délai maximal de 20 jours après la revue finale pertinente.

Ces délais peuvent constituer un progrès important pour les fabricants, notamment ceux qui subissent aujourd’hui des incertitudes significatives dans la planification des certifications MDR ou IVDR.

4. Des règles précises sur les interruptions de délai

Le règlement encadre les interruptions de délai lorsque l’organisme notifié doit demander au fabricant des informations complémentaires, des clarifications ou des réponses à des non-conformités. Le nombre d’interruptions est limité selon l’étape concernée : une interruption pour la phase de revue de demande et contrat, jusqu’à quatre pour l’audit SMQ, jusqu’à quatre pour la vérification produit, jusqu’à cinq pour certains changements, et jusqu’à trois pour les revues de recertification.

Le délai est interrompu à partir du moment où l’organisme notifié informe le fabricant de sa demande, puis reprend, sauf accord contraire, le jour suivant la réception des éléments demandés. Les interruptions liées à l’EMA, à une autorité réglementaire, à un groupe d’experts ou à un laboratoire de référence de l’Union européenne sont traitées séparément et ne sont pas comptabilisées dans les limites applicables aux demandes adressées au fabricant.

En pratique, la qualité des réponses fabricant devient déterminante. Une réponse tardive, partielle ou non alignée avec le dossier technique peut prolonger fortement la procédure, même dans un cadre plus harmonisé.

5. Un suivi obligatoire des durées et des coûts

Le règlement impose aux organismes notifiés de mettre en place, dans leur système qualité, un dispositif de suivi de la durée et des coûts des activités d’évaluation de la conformité. Ce suivi doit notamment inclure le pourcentage d’activités réalisées dans les délais maximaux, la durée médiane entre la demande et la certification, ainsi que la médiane du coût total des activités finalisées.

À partir du dispositif prévu par le texte, les organismes notifiés devront établir un rapport annuel sur les délais et les coûts, le publier sur leur site internet et informer l’autorité responsable ainsi que la Commission. Cette obligation introduit une logique de transparence et de comparaison entre organismes notifiés.

6. Une recertification plus cadrée

La recertification des certificats produit est également clarifiée. Le fabricant devra fournir notamment la liste des changements notifiés ou non notifiés, le dernier PSUR ou rapport périodique actualisé de sécurité, le résumé des FSCA, les modifications de l’analyse de risques ayant un impact sur le rapport bénéfice-risque, les changements liés à l’état de l’art, ainsi que le dernier rapport d’évaluation clinique ou d’évaluation des performances.

L’organisme notifié devra évaluer ces éléments dans un délai maximal de 90 jours. Son évaluation devra vérifier la cohérence entre les changements produit, la surveillance après commercialisation, l’état de l’art, l’analyse de risques actualisée, les non-conformités et les éventuelles conditions ou limitations du certificat.

Pour les certificats de système de management de la qualité, le règlement impose également une revue structurée de la surveillance réalisée pendant le cycle de certification, des audits annoncés ou non annoncés, des évaluations par échantillonnage, des non-conformités, des CAPA et du périmètre du certificat.

7. Dates d’application et dispositions transitoires

Le règlement entre en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne. Il est applicable à partir du 25 février 2027, sauf pour l’article 4, paragraphe 4, relatif au rapport annuel, applicable à partir du 1er janvier 2028.

Des dispositions transitoires sont prévues. Les articles 1, 2 et 3 ne s’appliquent pas aux procédures pour lesquelles un accord écrit entre l’organisme notifié et le fabricant a été signé avant le 25 février 2027. Les articles 5, 6 et 7 ne s’appliquent pas aux examens de recertification de certificats expirant avant le 25 novembre 2027.

8. Impacts pratiques pour les fabricants

Pour les fabricants de dispositifs médicaux et de DMDIV, ce règlement doit être lu comme une opportunité, mais aussi comme une exigence de maturité documentaire. Les délais maximaux ne produiront d’effet positif que si les dossiers soumis sont complets, cohérents et prêts à être évalués.

Les fabricants doivent particulièrement renforcer :

  • la préparation des demandes de devis et de certification ;
  • la cartographie des sites, fournisseurs et sous-traitants critiques ;
  • la justification de la classification et de la procédure d’évaluation choisie ;
  • la robustesse de la documentation technique ;
  • la maîtrise des changements produit et SMQ ;
  • l’alignement entre PMS/PMCF, PSUR, gestion des risques et évaluation clinique ;
  • la préparation précoce des recertifications.

9. Actions recommandées dès maintenant

Les fabricants devraient mettre en place une procédure interne de préparation des interactions avec les organismes notifiés. Cette procédure devrait couvrir la demande de devis, la soumission initiale, les réponses aux questions, les interruptions de délai, les changements significatifs et la recertification.

Il est recommandé de créer une check-list interne alignée sur l’article 1 du règlement pour toute demande de devis, ainsi qu’un tableau de suivi des délais et des échanges avec l’organisme notifié.

Conclusion

Le règlement d’exécution (UE) 2026/977 constitue un texte très opérationnel pour le secteur des dispositifs médicaux. Il ne simplifie pas les exigences fondamentales du MDR ou de l’IVDR, mais il encadre plus strictement les pratiques des organismes notifiés afin d’améliorer la transparence, la prévisibilité et l’efficacité des évaluations de conformité.

Pour les fabricants, le message est clair : les délais deviennent plus encadrés, mais la qualité de préparation du dossier devient encore plus déterminante. Les entreprises qui structureront dès maintenant leurs demandes, leurs réponses, leurs dossiers de changement et leurs recertifications seront les mieux placées pour sécuriser leurs certificats CE et limiter les risques de retard.

Source : Regulation (EU) 2026/977 of 4 May 2026

Le marché pharmaceutique mondial en mutation

Le marché pharmaceutique mondial en mutation

Le marché pharmaceutique mondial poursuit une forte dynamique de croissance. Après un rebond important en 2023, il atteint environ 1 737 milliards de dollars en 2024.

Selon les projections d’IQVIA, il pourrait atteindre 2 400 milliards de dollars d’ici 2029, avec une croissance annuelle moyenne comprise entre 5 % et 8 %.

La croissance du secteur est principalement soutenue par l’arrivée de traitements innovants, notamment issus des biotechnologies et des médicaments biologiques. Ces innovations transforment les standards thérapeutiques et permettent des avancées majeures dans le traitement des cancers, maladies rares, maladies chroniques et maladies neurodégénératives.

Plus de 1 000 nouvelles substances actives ont été commercialisées au cours des vingt dernières années, dont près de 400 sur les cinq dernières années, illustrant une accélération de l’innovation pharmaceutique.

Des disparités géographiques importantes

Le marché mondial reste très concentré : dix pays représentent près de 74 % du chiffre d’affaires mondial. Les États-Unis dominent largement avec près de 46 % des ventes mondiales. La Chine occupe la deuxième place (6,5%), suivie par l’Allemagne (4,0%) et le Japon (3,5%).

La France conserve la cinquième place mondiale avec environ 3 % des parts de marché. Les pays émergents, notamment la Chine, l’Inde et certains pays d’Amérique latine, connaissent une montée en puissance progressive grâce à l’élargissement de l’accès aux soins et au développement des capacités industrielles.

Le rôle stratégique des médicaments biologiques

Les médicaments biologiques deviennent un pilier majeur de l’industrie pharmaceutique mondiale. Ils représentent près de 45 % des nouvelles introductions sur le marché européen ces dernières années.

Le marché mondial des produits biologiques devrait fortement progresser entre 2026 et 2031, porté notamment par l’oncologie, les traitements contre le diabète, les maladies immunologiques et cardiovasculaires.

Les défis du secteur

Malgré cette croissance, plusieurs défis subsistent :

  • l’expiration de nombreux brevets pharmaceutiques, favorisant les génériques et biosimilaires ;
  • la pression croissante sur les systèmes de santé et les dépenses publiques ;
  • les inégalités d’accès aux traitements innovants selon les régions du monde ;
  • la concurrence géopolitique entre les États-Unis, l’Europe et l’Asie.

Enjeux pour la France et l’Europe

Le secteur pharmaceutique constitue un moteur essentiel de la R&D et des exportations européennes. Cependant, l’Europe perd progressivement des parts de marché et des investissements au profit des États-Unis et de la Chine.

Le document souligne la nécessité pour la France et l’Union européenne de renforcer leur attractivité, de soutenir l’innovation, d’accélérer les investissements en recherche et développement et de préserver leur souveraineté sanitaire.

Conclusion

Le marché pharmaceutique mondial entre dans une phase de transformation profonde, portée par l’innovation biotechnologique, la croissance des médicaments biologiques et la recomposition des équilibres économiques mondiaux. Les prochaines années seront déterminantes pour la compétitivité des acteurs européens face aux États-Unis et à l’Asie.

Source : Leem – « Le marché pharmaceutique mondial » (2026)

 

Wegovy en comprimés : une révolution dans la prise en charge de l’obésité en Europe

Wegovy en comprimés : une révolution dans la prise en charge de l’obésité en Europe

L’EMA vient de recommander l’autorisation d’une version orale de Wegovy (sémaglutide), une première pour un traitement de la gestion du poids à base.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) vient de recommander l’extension de l’autorisation de mise sur le marché de Wegovy® (sémaglutide) afin d’y inclure une version orale destinée à la gestion du poids. Cette innovation marque une première dans le domaine : il s’agit du tout premier agoniste des récepteurs GLP-1 développé sous forme de comprimé pour le traitement de l’obésité et du surpoids.

Jusqu’à présent disponible uniquement sous forme d’injections hebdomadaires, Wegovy pourrait bientôt offrir une alternative orale quotidienne, potentiellement plus simple et plus acceptable pour de nombreux patients. Le traitement sera destiné aux adultes souffrant d’obésité, ou en surpoids avec au moins une comorbidité associée, comme le diabète de type 2, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, les maladies cardiovasculaires ou l’apnée du sommeil.

Les résultats de l’étude clinique de phase 3 sont particulièrement encourageants. Menée auprès de 307 adultes pendant 64 semaines, elle montre une perte de poids moyenne de 13,61 % chez les patients traités par Wegovy comprimés, contre seulement 2,18 % dans le groupe placebo. Plus de trois quarts des participants sous traitement ont perdu au moins 5 % de leur poids corporel.

Les effets indésirables observés concernent principalement le système digestif : nausées, diarrhées, constipation ou vomissements, généralement en début de traitement. Le profil de sécurité reste toutefois comparable à celui déjà connu pour la forme injectable.

Cette recommandation du CHMP constitue désormais une étape clé avant la décision finale de la Commission européenne. Si l’autorisation est confirmée, chaque État membre devra ensuite statuer sur les modalités de prix et de remboursement, en tenant compte de l’utilisation potentielle de ce médicament dans le contexte du système de santé national concerné.

Avec cette version orale, Wegovy pourrait rendre la prise en charge de l’obésité plus accessible et mieux acceptée par de nombreux patients.

Source : EMA

 

Réforme pharmaceutique européenne : entre défis majeurs et espoirs de modernisation

Réforme pharmaceutique européenne : entre défis majeurs et espoirs de modernisation

Lors du salon RAPS Euro Convergence 2026, des représentants de l’industrie, des patients et des autorités de réglementation ont fait part de leurs points de vue sur les réformes de la législation pharmaceutique UE.

Selon la Commission européenne, cette réforme revient sur 20 ans de législation pharmaceutique afin de « mettre le système à l’épreuve du futur ». L’objectif principal de cette législation est de simplifier et de rationaliser le système réglementaire applicable aux médicaments, tout en garantissant leur sécurité, leur efficacité et leur qualité, afin de rendre le marché de l’UE plus compétitif et d’améliorer l’accès, la disponibilité et l’accessibilité financière de ces produits.

Parmi les évolutions clés figurent l’introduction de « bacs à sable réglementaires » (regulatory sandboxes), pour les produits qui seraient autrement difficiles à homologuer car ils ne s’inscrivent pas dans le cadre réglementaire actuel. Cela inclut les nouvelles techniques de fabrication, l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) autonome et les nouvelles méthodes d’administration des médicaments.

Cette législation réforme également les comités de l’EMA, simplifie les procédures réglementaires, met en place des examens par étapes des données relatives aux médicaments présentant un intérêt majeur et réduit la durée des évaluations scientifiques de 210 à 180 jours, voire à 150 jours pour certains produits.

La digitalisation est un autre pilier du nouveau système : dossiers dématérialisés, informations produits électroniques et recours accru aux données de vie réelle pour les décisions réglementaires marquent un tournant vers une régulation plus agile et fondée sur la donnée.

Du côté des autorités, la réforme est perçue comme visionnaire, mais difficile à appliquer. La refonte de la structure des comités de l’EMA doit permettre une meilleure intégration des experts, des professionnels de santé et des patients, tout en allégeant les interactions administratives.  Cependant, les régulateurs reconnaissent les points de vigilance : lourdeur administrative, recherche du consensus entre de nombreux acteurs, et pression sur les délais dans un contexte de transition réglementaire intense.

Les nouvelles procédures d’autorisation de mise sur le marché MRP et DCP visent à garantir des dossiers de meilleure qualité, imposent des obligations d’adhésion universelles, prévoient des procédures plus rapides et simplifiées, des résumés des caractéristiques du produit (RCP) harmonisés, une durée de validité illimitée, et obligent les autorités nationales compétentes à refuser la validation des demandes purement nationales lorsque le même produit fait l’objet d’une évaluation ou est déjà autorisé dans un autre État membre.

Plus spécifiquement, concernant la procédure MRP, celle-ci sera soumise à l’autorité nationale compétente (ANC) de l’État membre qui a délivré l’autorisation de mise sur le marché, ainsi qu’à l’État membre concerné (CMS) dans lequel le demandeur sollicite une autorisation de mise sur le marché nationale. Il est également précisé qu’aucune demande de MRP ne serait acceptée au cours de la première année suivant l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché nationale, à moins que certaines conditions fixées par l’ANC de l’État membre de référence (RMS) ne soient remplies.

Les représentants des patients saluent l’ambition de la réforme, tout en rappelant que la qualité des dossiers reste déterminante. L’accélération des procédures ne pourra être efficace que si les données cliniques sont robustes et réellement pertinentes pour répondre à des besoins médicaux non satisfaits.

Côté industrie, le message est pragmatique : le texte n’est pas parfait, mais il doit être opérationnel dès son entrée en vigueur. Les actes d’exécution et les phases d’implémentation seront essentiels pour corriger certaines insuffisances et assurer une transition fluide entre l’ancien et le nouveau cadre réglementaire.

Prochaines étapes

La législation est actuellement en révision linguistique, avec une adoption finale attendue au Parlement européen en septembre et au Conseil en octobre. L’entrée en vigueur est prévue pour décembre 2026, suivie d’une période de mise en œuvre de deux ans, certaines dispositions s’appliquant plus rapidement.

La Commission prévoit d’organiser une conférence sur la nouvelle législation début décembre et invite à surveiller les informations sur ce sujet qui devrait être publiées début septembre afin de s’inscrire à la conférence.

Source : RAPS