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EMA : Q&A sur la mise en œuvre de la technologie d’impression 3D

EMA : Q&A sur la mise en œuvre de la technologie d’impression 3D

L’EMA a publié le 12 mars 2026 un document de questions-réponses concernant la mise en œuvre de la technologie 3D (3DP) dans la fabrication des formes orales solides.

L’impression tridimensionnelle (3D) est une technologie émergente avec un grand potentiel dans les applications pharmaceutiques, fournissant une solution de fabrication innovante pour des formes pharmaceutiques centrées sur le patient.

Cette technologie permet la création couche par couche de produits pharmaceutiques à partir de modèles 3D numériques, tels que des fichiers CAO, offrant une approche de fabrication très flexible et innovante. L’EMA souligne que la 3D n’est pas une technique unique, mais un terme générique englobant plusieurs technologies d’impression, chacune ayant des caractéristiques de procédé spécifiques et des implications pour la qualité du produit.

La technologie 3D permet de développer des médicaments personnalisés adaptés aux besoins individuels des patients grâce à la personnalisation de la forme pharmaceutique, de la forme, de la couleur, du goût et des associations médicamenteuses. Ceci est particulièrement intéressant pour les populations pédiatriques et gériatriques, les patients nécessitant des traitements médicamenteux complexes et les personnes atteintes de maladies rares. De plus, la 3D permet une fabrication rapide et à petite échelle avec un équipement compact, moins d’étapes de fabrication et des processus de production automatisés et numériques.

Les paramètres qualité à considérer dans le cadre d’un développement pharmaceutique intégrant la technologie d’impression 3D comprennent les propriétés physico-chimiques des substances actives et des excipients, telles que la taille des particules, la compatibilité et la stabilité dans des conditions d’impression. Les propriétés rhéologiques et l’imprimabilité de la formulation, ainsi que l’état physique de la substance active peuvent influencer significativement la performance du produit, y compris sa dissolution et sa biodisponibilité. De plus, l’impact du processus 3D sur les attributs de qualité critiques (CQA) tels que l’uniformité de teneur, la désagrégation, la porosité et la stabilité doit être évalué avec attention.

Un aspect important de la fabrication 3D est l’utilisation de matériaux intermédiaires, souvent appelés « encres pharmaceutiques », qui sont généralement stockés dans des cartouches ou des seringues. Ces composants sont considérés comme essentiels au procédé, et leur stabilité physicochimique et microbiologique doit être évaluée, en particulier lors d’une utilisation à usages multiples. Les études « in-use », le cyclage thermique et les essais rhéologiques sont recommandés pour garantir des performances et une précision de dose constantes lors d’utilisations répétées.

En tant que procédé de fabrication non standard, la technologie 3D nécessite une validation de fabrication robuste pour démontrer que le procédé produit systématiquement des produits répondant à des critères de qualité prédéfinis. Toute modification apportée à l’équipement, aux matériaux, aux logiciels ou aux paramètres du procédé doit être évaluée selon une approche fondée sur les risques afin de déterminer la nécessité d’une revalidation.

Les fabricants doivent établir une stratégie de contrôle complète définissant les spécifications à la fois pour les encres pharmaceutiques et les produits finis. L’utilisation de technologies d’analyse des processus (PAT), telles que la spectroscopie NIR ou Raman, est encouragée pour permettre la surveillance en temps réel des processus et, le cas échéant, les tests de libération en temps réel.

Tous les aspects de la fabrication 3D doivent être conformes aux exigences des BPF, y compris la qualification et la maintenance des équipements, la validation des logiciels, le contrôle des matériaux intermédiaires, les opérations d’impression, les tests de contrôle qualité et la libération des lots. La gestion des risques liés à la qualité doit être appliquée tout au long du processus afin de garantir que les produits respectent les normes établies en matière de sécurité, d’efficacité et de qualité.

Le document est disponible sur le site de l’EMA : Questions & Answers on the Implementation of 3DP Technology (Additive Manufacturing Technology) for Solid Oral Dosage Forms.

Sources : ECA, EMA

Décrets 2026-299 et 2026-298 : ce que les acteurs du dispositif médical doivent retenir

Décrets 2026-299 et 2026-298 : ce que les acteurs du dispositif médical doivent retenir

Deux décrets publiés au Journal officiel du 21 avril 2026 viennent préciser l’application française du MDR 2017/745 et de l’IVDR 2017/746. Ces textes clarifient plusieurs exigences opérationnelles.

Décrets 2026-299 et 2026-298 : une nouvelle étape dans l’application française du MDR et de l’IVDR

Le cadre réglementaire applicable aux dispositifs médicaux et aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro continue d’évoluer en France. Avec la publication des décrets n° 2026-299 du 17 avril 2026 relatif aux dispositifs médicaux et n° 2026-298 du 17 avril 2026 relatif aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro, les autorités françaises précisent l’articulation entre le Code de la santé publique et les règlements européens MDR 2017/745 et IVDR 2017/746. Ces deux textes ont été publiés au Journal officiel du 21 avril 2026 et entrent en vigueur le lendemain de leur publication.

Ils ne remplacent pas les règlements européens. Le MDR et l’IVDR restent les textes de référence directement applicables dans l’Union européenne. En revanche, ils précisent les modalités nationales d’application en France, notamment pour les déclarations d’activité, la vigilance, la traçabilité, les documents en français et les sanctions en cas de manquement.

Deux textes complémentaires : DM et DMDIV

Le décret n° 2026-299 concerne les dispositifs médicaux relevant du règlement MDR 2017/745. Il adapte la partie réglementaire du Code de la santé publique et précise notamment le régime juridique, les conditions de déclaration, la matériovigilance, la traçabilité des dispositifs médicaux et les sanctions applicables.

Le décret n° 2026-298 concerne les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro relevant du règlement IVDR 2017/746. Il précise, de façon comparable, le régime juridique, les déclarations, la réactovigilance, la traçabilité des DMDIV et les sanctions associées.

En pratique, ces textes concernent un large périmètre d’acteurs : fabricants, mandataires, importateurs, distributeurs, établissements de santé, groupements de coopération sanitaire, laboratoires, professionnels de santé, structures de prévention, associations et autorités compétentes.

1. Documents en français : un point de conformité à sécuriser

L’un des points majeurs porte sur la langue des documents mis à disposition en France.

Pour les dispositifs médicaux, le décret précise que plusieurs documents doivent être rédigés en français, notamment l’étiquetage, la notice d’utilisation, les informations relatives au fonctionnement ou à l’utilisation, les informations remises au patient pour les dispositifs implantables, la carte d’implant, la déclaration UE de conformité et l’avis de sécurité.

Pour les DMDIV, les exigences sont similaires : étiquetage, notice, informations d’utilisation, déclaration UE de conformité et avis de sécurité doivent également être disponibles en français pour les dispositifs mis sur le marché ou mis en service en France.

Pour les industriels, cela implique une revue rigoureuse des dossiers produits destinés au marché français. En audit, les organismes notifiés ou autorités peuvent demander à vérifier rapidement la cohérence entre l’étiquetage, la notice, la déclaration UE de conformité, le certificat CE le cas échéant et les informations effectivement disponibles pour l’utilisateur ou le patient.

2. Déclarations d’activité : des obligations à piloter dans le temps

Les décrets renforcent également la logique de suivi des déclarations d’activité.

Pour les dispositifs médicaux, les personnes concernées doivent déclarer sans délai toute modification du contenu de la déclaration initiale, confirmer l’exactitude des informations un an après l’enregistrement initial puis tous les deux ans, et déclarer l’arrêt de leur activité ou le changement de numéro SIRET.

Le même principe est prévu pour les DMDIV : modification sans délai, confirmation à un an puis tous les deux ans, et déclaration en cas d’arrêt d’activité ou de changement de numéro SIRET.

D’un point de vue qualité, ces exigences doivent être intégrées dans le processus de maintenance réglementaire et dans la maîtrise des données administratives de l’entreprise. Un changement d’adresse, de SIRET, d’activité, de rôle économique ou de périmètre produit ne doit pas rester uniquement traité comme un sujet juridique ou administratif : il peut devenir un sujet de conformité réglementaire.

3. Matériovigilance et réactovigilance : des responsabilités plus visibles

Les textes précisent l’organisation nationale de la vigilance.

Pour les dispositifs médicaux, la matériovigilance vise la surveillance des incidents, incidents graves, risques graves et mesures correctives de sécurité après mise sur le marché ou mise en service.

Les établissements de santé, groupements de coopération sanitaire et certaines associations doivent désigner un correspondant local de matériovigilance ainsi que des suppléants. Les fabricants mettant des dispositifs médicaux sur le marché français, ou leur mandataire, doivent également désigner un correspondant de matériovigilance et communiquer son identité à l’ANSM.

Pour les DMDIV, le décret 2026-298 met en place une organisation comparable autour de la réactovigilance. Les établissements concernés doivent désigner un correspondant local de réactovigilance, et les fabricants ou mandataires mettant des DMDIV sur le marché français doivent désigner un correspondant de réactovigilance.

En pratique, les entreprises doivent pouvoir démontrer :

  • la nomination formelle du correspondant ;
  • la définition de ses responsabilités ;
  • l’existence d’un suppléant si nécessaire ;
  • la preuve de communication aux autorités compétentes ;
  • la formation des équipes concernées ;
  • la capacité à traiter rapidement un incident grave ou un risque grave.

4. Traçabilité : un enjeu central pour les dispositifs implantables et certains DMDIV

Le décret 2026-299 précise les exigences de traçabilité applicables aux dispositifs implantables. Les données à enregistrer incluent notamment l’identification du dispositif par son IUD lorsque disponible, ou à défaut le nom commercial, le fabricant, la référence et le numéro de lot ou de série, ainsi que la date de délivrance et l’identification du service utilisateur.

Les services utilisateurs doivent compléter ces informations sur support informatique, notamment avec l’identification du patient, la date d’implantation, la date d’explantation le cas échéant et l’identification du professionnel de santé utilisateur.

Le décret précise également les durées de conservation des données : conservation pendant toute la durée d’implantation, puis vingt ans à compter de l’explantation, dix ans à compter du décès du patient, et jusqu’à quarante ans pour certains dispositifs implantables incorporant une substance susceptible d’être considérée comme un médicament dérivé du sang.

Pour les établissements de santé et les exploitants, l’enjeu est très opérationnel : être capable de retrouver rapidement le lien entre un dispositif, un lot, un patient, un acte, un professionnel et un établissement. En cas de rappel, de signalement ou de mesure corrective de sécurité, cette traçabilité devient un élément critique de maîtrise du risque patient.

5. Revente, maintenance et remise en bon état d’usage : des pratiques davantage encadrées

Le décret 2026-299 encadre également la revente de certains dispositifs médicaux d’occasion. La revente est subordonnée à l’établissement préalable d’une attestation, accompagnée d’un dossier comprenant notamment les informations de maintenance, les rapports de contrôle qualité lorsque le dispositif y est soumis, les modifications apportées au dispositif et les justificatifs associés.

Le texte précise aussi le cadre de la remise en bon état d’usage de certains dispositifs médicaux à usage individuel. Ces opérations correspondent à des opérations d’entretien et de maintenance réalisées sur un dispositif déjà mis en service, en vue de permettre une nouvelle distribution à d’autres patients, sans procéder à une remise à neuf au sens du MDR. Elles doivent être réalisées par des centres ou professionnels certifiés.

Ces dispositions doivent attirer l’attention des établissements, prestataires, distributeurs et exploitants. La documentation de maintenance, les contrôles qualité, les certificats, les attestations et les dossiers de cession deviennent des preuves essentielles en cas d’audit ou d’inspection.

6. Sanctions : la conformité documentaire devient un sujet à risque

Les deux décrets précisent les sanctions applicables en cas de manquement. Parmi les points sensibles figurent notamment l’absence de désignation d’un correspondant de matériovigilance ou de réactovigilance, l’absence de communication de son identité à l’ANSM, ou encore le défaut de mise à disposition des déclarations UE de conformité, certificats, documentations techniques, décisions et rapports des organismes notifiés.

Ce point est important : en audit, la conformité ne se limite pas à l’existence théorique des documents. L’entreprise doit pouvoir démontrer que les documents sont disponibles, maîtrisés, à jour, cohérents et rapidement transmissibles à l’autorité compétente en cas de demande.

7. Ce que les organisations doivent faire dès maintenant

Les fabricants, mandataires, importateurs, distributeurs et établissements concernés doivent intégrer ces textes dans leur système qualité. Les actions prioritaires sont les suivantes :

  1. Mettre à jour la veille réglementaire avec les deux décrets et documenter l’analyse d’impact.
  2. Revoir les procédures concernées : vigilance, réactovigilance, PMS, réclamations, FSCA / FSN, traçabilité, maintenance, revente, gestion documentaire et inspection readiness.
  3. Vérifier les documents en français : notices, étiquetages, déclarations UE de conformité, cartes implants, informations patient et avis de sécurité.
  4. Formaliser les correspondants de vigilance : nomination, suppléance, responsabilités, formation et communication aux autorités.
  5. Tester la traçabilité sur un échantillon de dispositifs implantables ou de DMDIV critiques.
  6. Contrôler les déclarations d’activité : exactitude des données, échéancier de confirmation, gestion des modifications et changements SIRET.

Conclusion

Les décrets 2026-299 et 2026-298 marquent une étape importante dans l’adaptation du droit français aux règlements européens MDR et IVDR. Leur impact est concret : ils renforcent les exigences de maîtrise documentaire, de vigilance, de traçabilité, de déclaration et de disponibilité des preuves.

Pour les acteurs du dispositif médical, la priorité n’est pas seulement de connaître ces textes, mais de les traduire dans le système qualité. Une veille réglementaire documentée, des responsabilités clairement définies, des procédures mises à jour et des preuves facilement accessibles constituent les meilleurs leviers pour sécuriser un audit, une inspection ANSM ou une revue par un organisme notifié.

Notre recommandation : réaliser rapidement une analyse d’impact réglementaire ciblée et un audit interne flash afin d’identifier les écarts, prioriser les actions et sécuriser la conformité opérationnelle.

Une plateforme européenne pour faire face aux pénuries de médicaments

Une plateforme européenne pour faire face aux pénuries de médicaments

Face aux difficultés grandissantes d’approvisionnement en médicaments en Europe, l’EDQM met en place l’EDSForm, une nouvelle plateforme conçue pour aider les professionnels de santé à faire face aux ruptures de stock de médicaments essentiels.

L’EDQM annonce la mise en ligne de la plateforme EDSForm (European Drug Shortages Formulary), conçue pour centraliser des monographies de préparations pharmaceutiques utilisables en cas d’indisponibilité de médicaments disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM).

Cette initiative, menée en collaboration avec le Comité européen sur les produits et les soins pharmaceutiques (CD-P-PH) et la Commission européenne de Pharmacopée, vise à garantir la continuité des soins grâce à des formulations standardisées, sûres et rapidement préparables par les professionnels de santé.

Il est rappelé qu’il est important de privilégier en priorité :

  • les médicaments disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par une autorité réglementaire,
  • des médicaments avec AMM autorisés par une autorité réglementaire étrangère puis importés,
  • des médicaments de remplacement avec AMM ayant fait l’objet d’une évaluation par une autorité réglementaire.

Pour accompagner le déploiement de la plateforme, trois premiers documents de référence ont été publiés :

  • L’introduction au formulaire européen pour pénuries de médicaments, précisant les objectifs et le périmètre du projet ;
  • Les principes généraux de l’EDSForm, détaillant le cadre de référence et les règles générales d’interprétation des textes. Ils s’appliquent à l’ensemble des monographies et peuvent être amenés à évoluer. Les formulations qui concernent des médicaments essentiels ou à haut risque de pénurie sont sélectionnées en priorité. Les monographies détaillent notamment la composition, les méthodes de préparation, le contrôle qualité, les conditions de conservation ainsi que les précautions de sécurité à respecter.
  • La monographie des gélules d’amoxicilline 125 mg, 250 mg et 500 mg, destinée à faciliter la préparation de cet antibiotique lors de ruptures d’approvisionnement.

Ce texte s’appuie notamment sur la monographie ANSM préparation magistrale – Amoxicilline 125mg, 250 mg et 500 mg gélules publiée lors de précédentes pénuries en France.

L’ensemble des monographies est disponible en accès libre afin de permettre aux pharmaciens et médecins de toute l’Europe d’accéder rapidement à des solutions validées et harmonisées.

Les documents publiés sont également enrichis grâce à une consultation publique menée via la plateforme Pharmeuropa EDSForm, donnant aux professionnels du secteur la possibilité de partager leurs remarques et de contribuer à leur amélioration.

L’EDQM précise que de nouvelles monographies sont en cours d’élaboration et seront prochainement soumises à consultation publique

Cette initiative est une nouvelle étape dans la gestion européenne des pénuries de médicaments et souligne l’importance d’une information scientifique fiable, accessible et actualisée pour les professionnels de santé.

Source : EDQM

Décrets 2026-299 et 2026-298 : ce que les acteurs du dispositif médical doivent retenir

PMS : Swissmedic cible les DM de classes IIa, IIb et III

Le 23 avril 2026, Swissmedic a annoncé une campagne ciblée de revue de la documentation de surveillance après commercialisation des dispositifs médicaux à plus haut risque. Les fabricants et mandataires suisses devront être capables de fournir une documentation PMS cohérente, à jour et exploitable : système PMS, plan PMS, rapports de sécurité et preuves d’analyse des données post-market.

Le 23 avril 2026, Swissmedic a annoncé le lancement d’une nouvelle campagne ciblée portant sur la documentation de surveillance après commercialisation des dispositifs médicaux à plus haut risque. Cette campagne vise les dispositifs médicaux placés sur le marché suisse, en particulier les classes IIa, IIb et III. Swissmedic précise que certains dispositifs seront sélectionnés de manière aléatoire et que la documentation PMS sera demandée au fabricant suisse ou, pour les fabricants étrangers, au mandataire suisse.

Cette actualité confirme une tendance forte observée en Europe : la surveillance après commercialisation n’est plus considérée comme un simple rapport administratif, mais comme un processus actif, documenté et relié au système qualité. Swissmedic rappelle que les fabricants doivent établir un système PMS permettant de collecter les données d’utilisation des dispositifs, définir leurs activités dans un plan PMS, puis documenter périodiquement les résultats des analyses dans des rapports de sécurité.

Pour les fabricants commercialisant en Suisse, le message est clair : le dossier PMS doit être immédiatement défendable. Il ne suffit plus d’avoir un plan générique. Les autorités attendent une traçabilité complète entre les sources de données post-market, l’analyse des réclamations, la vigilance, les tendances, les CAPA, la gestion des risques, l’évaluation clinique et les conclusions bénéfice-risque. Cette attente est cohérente avec l’approche MDR, où le PMS doit alimenter en continu la démonstration de sécurité et de performance du dispositif.

Le point le plus critique en audit sera probablement la cohérence entre le PMS Plan et les rapports effectivement produits. Un auditeur cherchera à vérifier si les données prévues dans le plan sont réellement collectées, si elles sont analysées selon une méthode définie, si les signaux faibles sont détectés, et si les conclusions sont intégrées dans les documents clés : PSUR, rapport PMS, CER/PMCF, analyse de risques et CAPA.

Cette campagne doit donc être interprétée comme un signal de préparation. Les fabricants et mandataires doivent vérifier dès maintenant que chaque dossier technique contient une documentation PMS à jour, spécifique au dispositif, alignée avec la classe de risque et soutenue par des preuves objectives. Swissmedic rappelle par ailleurs que, indépendamment de cette campagne, elle peut mener d’autres inspections de fabricants ou de mandataires à tout moment.

À préparer en priorité : un PMS Plan spécifique au dispositif, le dernier PSUR ou rapport PMS, l’analyse des réclamations et incidents, les tendances, les justifications d’absence de signal si applicable, les liens avec la gestion des risques, les CAPA ouvertes ou clôturées, et la mise à jour de l’évaluation clinique. En audit, la bonne réponse ne sera pas “nous n’avons pas eu de problème”, mais plutôt : “voici notre méthode de collecte, d’analyse, de décision et de mise à jour du dossier technique.”

Une plateforme européenne pour faire face aux pénuries de médicaments

Comité d’interface ANSM–Industrie : focus sur les modifications d’AMM

À l’occasion du Comité d’interface du 11 février 2026 (publié le 26 mars 2026), l’ANSM a partagé ses retours d’expérience et rappelé les exigences clés pour les demandes de modifications d’AMM.

À l’occasion du Comité d’interface du 11 février 2026 (publié le 26 mars 2026), l’ANSM a partagé ses retours d’expérience et rappelé les exigences clés pour les demandes de modifications d’AMM. L’objectif est d’améliorer la qualité des dossiers et réduire les non-recevabilités.

Dans le cadre du Groupe de Travail « Amélioration des processus », l’ANSM met en lumière des écarts encore fréquents dans les dossiers de variations d’AMM et les moyens simples de les éviter.

Formulaire de demande (variation application form)

La qualité des variation application forms reste un point de vigilance majeur. Des erreurs ou omissions peuvent entraîner des retards, voire des invalidations.

L’ANSM rappelle quelques points clés :

  • Numéro de procédure :
    • AMM nationale : aucun numéro n’est requis
    • MRP/DCP : le numéro doit être défini par le titulaire
    • Worksharing / supergrouping : le numéro est attribué par l’autorité de référence
  • Produits concernés :
    • Le code CIS doit être uniquement utilisé (et non CIP ou NL)
    • Worksharing /grouping : La liste des AMM doit être directement intégrée dans l’eAF (et non en annexe)
    • Ordre des produits : Il convient de lister d’abord les produits en MRP/DCP puis les produits en procédure nationale (États membres par ordre alphabétique)
  • Type de variation : la date de mise en œuvre est requise pour les variations IA
  • Signature : la case « : « The applicant confirms that the same variation (or group of variations) does not apply to any other marketing autorisation held by the same holder » doit être cochée pour les variations IB et II

3 références sont à considérer pour la préparation du formulaire de demande :

  • Le guide « EMA/CMDh Explanatory notes on Variation Application Form » : une ressource pour compléter correctement chaque section du formulaire ;
  • Le « Position paper on common grounds for invalidation/delaying Day 0 for variations » : il recense les principaux motifs d’invalidation ou de non-recevabilité;
  • Le guide EMA « Guidance for applicants for the preparation of the ‘precise scope’ section of the variation application form » : une référence récente, désormais incontournable, pour définir précisément le périmètre des variations.

Processus de worksharing (WS)

L’ANSM rappelle des règles souvent mal appliquées :

  • Le Worksharing (WS) est obligatoire dès lors que plusieurs AMM nationales sont concernées dans plusieurs États membres.

Dans le cas du worksharing, une même modification doit s’appliquer à toutes les AMM concernées, sans exception. Les codes/types doivent être identiques pour toutes les AMM. Il est donc interdit d’introduire une modification spécifique à un produit.

L’ANSM précise les obligations dans le cas particulier de resoumission en WS après approbation nationale :

  • Une justification détaillée est attendue dans la cover letter, accompagnée de la référence ANSM correspondante.
  • La variation doit être renseignée dans l’eAF pour l’ensemble des pays concernés, y compris ceux où elle a déjà été approuvée.
  • Aucune exonération de redevance n’est prévue dans ce contexte

En cas d’abandon d’une demande de modification d’AMM, l’opérateur doit soumettre une « closing sequence » en plus de son courrier d’abandon.

  • La soumission groupée nationale (France uniquement) est possible si les AMM sont limitées à un seul État membre

Pour la soumission groupée, il est nécessaire de :

  • Lister toutes les AMM dans la lettre et le formulaire
  • Confirmer que les modifications sont strictement identiques
  • Réaliser un dépôt unique via le CESP

Par son retour d’expérience, l’ANSM vise à améliorer la qualité et la complétude des dossiers pour éviter les retards et invalidations. Maîtriser ces exigences, c’est non seulement éviter des délais coûteux mais aussi renforcer la crédibilité de vos soumissions auprès des autorités.

Source : ANSM