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Création d’un troisième syndicat dans l’industrie pharmaceutique

Création d’un troisième syndicat dans l’industrie pharmaceutique

AMLIS annonce que cette association va se transformer en syndicat

Voici le communiqué de presse de L’Association des Moyens Laboratoires et Industries de Santé (AMLIS). 

« Depuis plusieurs années, un nombre croissant de Petites et Moyennes Entreprises (PME) et Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) représentées par l’AMLIS font face à une régulation qui combine baisse continue des prix, hausse de la fiscalité sectorielle et augmentation significative des coûts de production, sans prise en compte suffisante des contraintes industrielles spécifiques, questionnant la viabilité économique de produits essentiels pour les patients français. 

L’AMLIS estime aujourd’hui que les choix qui ont été faits par le collectif et portés par le LEEM ne sont pas en mesure de résoudre cette situation et ne sont plus cohérents avec ce que l’association a toujours défendu, à savoir un modèle de régulation économique différencié notamment pour les médicaments matures et pour les médicaments innovants, tous deux essentiels à la bonne prise en charge des patients français. » souligne Karine Pinon, Présidente de l’AMLIS.

A travers cette approche, l’AMLIS souhaite promouvoir un système à la fois plus efficace économiquement mais aussi plus cohérent avec les objectifs de souveraineté industrielle soutenus par les PME et ETI qui produisent en France et en Europe, estimant que la régulation économique ne doit pas avoir qu’une finalité budgétaire, mais doit aussi être mise au service des objectifs industriels et de santé publique, au premier rang desquels celui de l’accès aux soins. 

Dans le cadre des discussions sur le PLFSS pour 2026, l’AMLIS a porté, avec d’autres ETI en santé, plusieurs propositions visant à renforcer la souveraineté sanitaire et industrielle française et européenne. Ces propositions visaient notamment à introduire un critère de territorialité dans la fiscalité sectorielle, par le biais d’un abattement pour les médicaments produits en Europe, ainsi qu’à protéger les médicaments matures en les excluant de cette fiscalité en deçà d’un seuil de prix défini par décret.

L’association réfléchit désormais à un élargissement et une évolution de son organisation, y compris à une structuration en syndicat, afin de défendre de manière spécifique les intérêts des PME et ETI qui fabriquent en France et en Europe avec un focus spécifique sur les produits matures, essentiels à la santé des Françaises et des Français.

Source AMLIS

Création d’un troisième syndicat dans l’industrie pharmaceutique

Acquisitions et partenariats de début d’année 2026

En ce début d’année des big pharma annoncent des acquisitions et des partenariats. C’est le cas de ABBVIE et de LILLY qui investit auprès de 3 entreprises dont le français ABIVAX (si cet accord est autorisé par les autorités françaises).

LILLY (USA) : 3 accords

VENTIX

Lilly va acquérir Ventyx Biosciences pour une valeur totale d’environ 1,2 milliard de dollars. Cette opération va permettre à Eli Lilly de mettre la main sur un portefeuille de thérapies à base de petites molécules, conçues pour traiter l’inflammation dans un large éventail de pathologies.

NIMBUS

Nimbus Therapeutics a déclaré avoir conclu un accord pluriannuel de recherche et de licence avec LILLY pour développer de nouveaux traitements oraux basés sur l’intelligence artificielle contre l’obésité et d’autres maladies métaboliques.

LILLY effectuera des paiements initiaux et des paiements d’étape à court terme de 55 millions de dollars, avec un montant supplémentaire de 1,3 milliard de dollars en développement et en étapes commerciales.

ABIVAX

LILLY est prêt à mettre 15 milliards d’euros sur la table pour racheter la biotech française Abivax, confirmant les rumeurs qui circulent depuis le mois dernier. En revanche, une source du ministère de l’Économie et des Finances a indiqué que Paris n’avait reçu aucune demande pour une autorisation d’investissement, via une procédure IEF visant au contrôle des investissements étrangers en France.

ABBVIE (USA) / REMEGEN (Chine)

AbbVie a déclaré qu’il s’associerait avec le développeur chinois de médicaments RemeGen pour un traitement expérimental ciblant les tumeurs solides, dans le but de renforcer son portefeuille d’oncologie.  ABBVIE a déclaré qu’elle obtiendrait les droits de développement, de fabrication et de commercialisation du RC148 de RemeGen, développé en tant que monothérapie et pouvant être utilisé comme traitement combiné pour plusieurs tumeurs solides avancées dont les besoins ne sont pas satisfaits, y compris le cancer du poumon non à petites cellules et le cancer colorectal. RemeGen recevra 650 millions de dollars d’avance et pourra prétendre à des paiements d’étape pouvant atteindre 4,95 milliards de dollars.

Sources : Communiqués d’entreprise

La CHINE, deuxième acteur en R & D pharmaceutique

La CHINE, deuxième acteur en R & D pharmaceutique

Les entreprises chinoises sont désormais responsables de 20 % des médicaments en développement dans le monde, selon une analyse de GlobalData.

Au cours des dix dernières années, le gouvernement chinois a mis en œuvre de nombreuses initiatives réglementaires afin d’accroître la compétitivité du pays sur la scène internationale en matière de développement pharmaceutique.

En 2015, il a introduit une politique de réforme des procédures d’examen et d’autorisation pour encourager l’innovation dans le domaine des médicaments et des dispositifs médicaux. Par ailleurs, il s’est concentré sur la modernisation des essais cliniques, améliorant ainsi la position de la Chine dans les portefeuilles de projets pharmaceutiques mondiaux.

Malgré la progression de la part de marché mondiale de la Chine, les États-Unis restent largement majoritaires avec 40 %. Les cinq principaux pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni) représentent 11 %, une part que la Chine a presque doublée.

On observe une forte augmentation des accords de licence entre les entreprises de biotechnologie chinoises et les grands groupes pharmaceutiques occidentaux. Depuis 2020, le nombre de ces accords a augmenté de 280 %.

L’un des accords marquants de 2025 a été celui conclu entre AstraZeneca et CSPC Pharmaceuticals pour un montant de 5,2 milliards de dollars américains, portant sur la recherche de candidats médicaments contre les maladies chroniques. Nombre de ces accords ont bénéficié de la structure de « NewCo », une nouvelle société dans laquelle entreprises et investisseurs détiennent des parts, remplaçant ainsi l’accord direct traditionnel entre le développeur et le grand groupe pharmaceutique acheteur.

Par ailleurs, le pays a développé plusieurs candidats médicaments prometteurs en phase précoce de développement. Dans l’ensemble des grands groupes pharmaceutiques, les transactions avec la Chine ont augmenté de 66 %, passant de 16,6 milliards de dollars américains en 2023 à 41,5 milliards de dollars américains en 2024.

Source : Gabionline

https://gabionline.net/reports/more-china-licence-deals-for-us-drug-companies

https://www.gabionline.net/reports/china-now-accounts-for-20-of-global-drug-development

La CHINE, deuxième acteur en R & D pharmaceutique

Un espoir pour les patients atteints d’un cancer rare

L’ANSM et Gustave Roussy ont annoncé une initiative exceptionnelle permettant aux patients atteints d’un carcinome NUT d’accéder au birabresib, un traitement ciblé jusque‑là indisponible en France.

Depuis le 24 novembre 2025, ce médicament peut être prescrit dans le cadre d’un protocole d’utilisation temporaire (PUT), après validation en réunion de concertation pluridisciplinaire moléculaire nationale. Élaboré à coût réel par la pharmacie de Gustave Roussy, le birabresib devient ainsi accessible à l’ensemble des patients français éligibles, dans un cadre sécurisé et équitable.

Les carcinomes NUT sont des tumeurs ultra‑rares et particulièrement agressives, touchant majoritairement de jeunes adultes. Leur origine génétique, impliquant le gène NUTM1, entraîne une croissance tumorale rapide et une forte propension à métastaser. Le traitement standard des carcinomes NUT repose sur la chirurgie lorsque la tumeur est localisée, ainsi que sur la chimiothérapie à haute dose et la radiothérapie. Mais du fait de l’agressivité de ces tumeurs, l’efficacité de ces traitements reste limitée, et la médiane de survie globale est inférieure à 7 mois. 

Dans ce contexte, le développement de thérapies ciblées représente un espoir majeur. Le birabresib appartient à la classe des inhibiteurs de BET, conçus pour bloquer la protéine anormale qui alimente la croissance tumorale. Parmi les molécules testées dans les essais cliniques internationaux, le birabresib s’est distingué par un profil d’efficacité prometteur et une tolérance acceptable. Toutefois, en l’absence d’autorisation de mise sur le marché ou d’accès précoce, aucun patient ne pouvait en bénéficier en Europe avant la mise en place de ce PUT.

Le protocole mis en œuvre par l’ANSM et Gustave Roussy garantit un circuit sécurisé et standardisé : sélection des patients en RCP nationale, préparation magistrale des gélules de 20 mg, contrôles qualité à chaque étape et délivrance à coût réel. Ce dispositif assure une équité d’accès sur tout le territoire, y compris pour les patients suivis hors de l’Institut. Il s’inscrit dans une démarche de médecine de précision, en ciblant une vulnérabilité biologique spécifique des tumeurs NUT.

Au‑delà de l’accès au traitement, ce PUT contribuera à faire progresser la recherche. Les données cliniques et moléculaires recueillies permettront d’identifier les profils de patients les plus susceptibles de répondre au birabresib. Le programme de profilage STING de Gustave Roussy soutiendra cette démarche en fournissant une analyse génomique et immunologique approfondie des tumeurs. Cette approche intégrée renforce la capacité à mieux comprendre ces cancers rares et à orienter les futures stratégies thérapeutiques.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du programme ONC201, mis en place en 2021 pour les tumeurs cérébrales H3K27M. Plus de 250 patients ont pu bénéficier de ce traitement grâce à un dispositif similaire, démontrant la capacité française à organiser des accès innovants pour des maladies sans solution thérapeutique. Le birabresib devient ainsi le second programme national de ce type, illustrant l’engagement conjoint de l’ANSM, de Gustave Roussy et des patients pour accélérer l’accès à l’innovation en oncologie rare.

Source : ANSM

Vers un rapprochement ANSM–HAS ?

Vers un rapprochement ANSM–HAS ?

Le Premier ministre a chargé la ministre de la Santé d’examiner l’hypothèse d’un rapprochement entre l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Haute Autorité de santé (HAS).

Le début d’année 2026 s’ouvre sur une annonce qui pourrait profondément remodeler le paysage sanitaire français. Le Premier ministre a chargé la ministre de la Santé d’examiner l’hypothèse d’un rapprochement entre l’ANSM et l’HAS.

Une piste désormais officielle, inscrite dans la dynamique du chantier gouvernemental « État efficace ».

Cette réflexion s’inscrit dans les suites de la mission confiée à l’automne 2025 à Pierre‑Mathieu Duhamel et Denis Morin, visant à rationaliser l’action publique. Parmi les 70 mesures retenues, dix concernent directement le ministère de la Santé et pourraient être engagées dès le premier trimestre 2026.

Le rapprochement ANSM–HAS viserait principalement à simplifier et fluidifier l’évaluation des produits de santé. Les deux agences, déjà proches géographiquement, structurent aujourd’hui l’ensemble du circuit du médicament : de l’analyse du bénéfice‑risque à l’évaluation du service médical rendu.

Historiquement, les frontières entre les deux institutions ont déjà évolué. La commission de la transparence relevait autrefois de l’Agence du médicament avant d’être transférée à la HAS en 2005. De même, la commission d’évaluation des dispositifs médicaux a connu un mouvement similaire.

Mais le contexte actuel est plus exigeant : volumes de dossiers en hausse, méthodologies plus complexes, arbitrages budgétaires renforcés. Une intégration pourrait donc répondre à des enjeux d’efficacité… tout en soulevant des questions de gouvernance.

Un pilotage plus intégré du médicament pourrait accélérer les procédures et réduire les redondances administratives. Toutefois, cette fusion potentielle comporte un risque identifié : une concentration accrue de l’expertise, au détriment des contrepoids institutionnels et de la diversité des approches d’évaluation.

Le courrier du Premier ministre ne se limite pas à l’ANSM et à la HAS. Il évoque également :

  • une évolution des missions de Santé publique France, notamment sur la gestion des stocks stratégiques ;
  • un possible démantèlement partiel de l’Agence nationale du développement professionnel continu ;
  • des pistes de rationalisation au sein des caisses de sécurité sociale ;
  • une réflexion sur l’avenir des agences régionales de santé, dans le cadre du futur projet de loi de décentralisation.

Si aucune confirmation officielle n’a encore été donnée sur le calendrier ou les modalités, l’inscription du sujet à l’agenda politique est claire.

Source : Le moniteur des pharmacies