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ErVimmune et les vaccins anticancéreux

ErVimmune et les vaccins anticancéreux

La start up française Ervimmune lève 17 M € pour son candidat vaccin anticancéreux. L’occasion de rappeler l’état de développement des types de vaccins contre le cancer. 

La société ErVimmune a annoncé en janvier 2026 un premier closing de Série A à hauteur de 17 millions d’euros. Cette opération, menée par les fonds Seventure Partners (France) et Sprim (Singapour), vise à financer le développement préclinique et l’entrée en phase clinique de son candidat principal, ErVac01, un vaccin thérapeutique ciblant le cancer du sein.

Ce financement met en lumière les progrès accélérés dans le domaine des vaccins anticancéreux, un secteur qui a connu un regain d’intérêt grâce aux avancées technologiques issues de la pandémie de COVID-19, notamment les plateformes à ARNm. Voici un point sur les développements récents et les perspectives, basé sur les avancées observées en 2025-2026 :

Vaccins à ARNm personnalisés. Ils ont Inspirés des vaccins contre le COVID-19. Ces thérapies visent à stimuler une réponse immunitaire spécifique aux mutations tumorales d’un patient. Moderna et Merck (MSD) ont rapporté des résultats prometteurs avec leur vaccin mRNA-4157 (ou intismeran autogene) combiné à l’immunothérapie Keytruda pour le mélanome.

Vaccins à base de cellules dendritiques (DC) : Ces vaccins, considérés comme une avancée récente, utilisent des cellules dendritiques pour présenter des antigènes tumoraux au système immunitaire.

Autres plateformes : Des vaccins hybrides bactériens-tumoraux ou à base de peptides (comme Tedopi® d’OSE Immunotherapeutics, en phase III pour le cancer du poumon) ciblent des antigènes spécifiques pour prévenir les rechutes post-chirurgicales. En France, l’Institut Curie a lancé la start-up Cereus Biosciences en 2024 pour développer des vaccins anticancer basés sur des innovations similaires.

Malgré les promesses, ces vaccins font face à l’hétérogénéité des tumeurs, aux mécanismes d’évasion immunitaire et à la nécessité de combinaisons avec d’autres thérapies (comme les inhibiteurs de checkpoints). Les approches personnalisées requièrent un séquençage tumoral avancé et une meilleure compréhension du microenvironnement tumoral.

Sources : ErVimmune et Communiqués de presse

Que faut-il retenir de la réunion JP MORGAN de San Francisco ?

Que faut-il retenir de la réunion JP MORGAN de San Francisco ?

Pour ceux qui n’ont pas pu aller à San Fransisco, voici les principaux points à retenir de la 44e conférence annuelle JP Morgan Healthcare Conference, qui s’est tenue du 12 au 15 janvier 2026 à San Francisco, en matière de biotechnologies et de laboratoires pharmaceutiques.

Environnement des deals et fusions-acquisitions (M&A)

Bien que l’année 2025 ait vu une accélération des transactions (environ 8,3 milliards de dollars en deals lors de la conférence), peu d’annonces phares ont eu lieu sur place. Parmi les deals pré-conférence notables : Eli Lilly a investi 1 milliard de dollars avec Nvidia pour un laboratoire d’innovation IA en découverte de médicaments ; Novartis a signé un accord de 1,6 milliard de dollars avec SciNeuro pour un anticorps anti-amyloïde en Alzheimer et 50 millions avec PepLib pour une thérapie radioligande en oncologie ; AstraZeneca a acquis Modella AI pour accélérer sa R&D en oncologie ; AbbVie a conclu un deal de 5,6 milliards avec RemeGen pour un anticorps bispécifique PD-1/VEGF en tumeurs solides ; Pfizer a racheté Metsera pour renforcer son pipeline en obésité ; et Bristol Myers Squibb a acquis Orbital Therapeutics pour étendre les thérapies cellulaires aux maladies auto-immunes. Les big pharma cherchent des actifs à faible risque pour contrer les expirations de brevets.

Optimisme et fondamentaux solides dans la biotech

Le secteur entre en 2026 avec des pipelines plus spécialisés et une croissance diversifiée (maladies rares, neurosciences, immunologie, oncologie, cardiométabolisme). Les investisseurs sont enthousiastes pour les actifs en phase avancée, avec une « discipline » financière accrue. L’indice XBI des biotechs américaines a grimpé de 40 % depuis l’an dernier, signalant une « renaissance ».

Explosion des radiopharmaceutiques et radioligands

Ce domaine émerge comme une « prochaine grande avancée en oncologie, similaire aux conjugués anticorps-médicaments (ADC), avec une livraison radioactive ciblée pour une efficacité élevée et une faible toxicité. Novartis investit dans une usine en Floride pour ces thérapies, et des startups comme Aktis ont réalisé la première IPO biotech de l’année. Des défis comme les demi-vies courtes persistent, mais une croissance explosive est attendue.

 IA intégrée à la découverte de médicaments

L’IA devient organique dans les workflows pharma, avec des collaborations comme Lilly-Nvidia ou AstraZeneca-Modella pour accélérer la découverte, l’identification de cibles et les essais cliniques. Des exemples incluent Recursion Therapeutics utilisant l’IA pour réduire les polypes dans le cancer colorectal héréditaire. L’IA aide aussi au profilage moléculaire pour la médecine de précision, avec un marché oncologique évalué à 53,2 milliards de dollars en 2023.

 Expansion du marché de l’obésité et des GLP-1

Eli Lilly prévoit une croissance annuelle de 5-7 % grâce aux GLP-1 (comme Zepbound), avec plus d’1 million de patients via LillyDirect. Novo Nordisk cible le canal direct-to-consumer (DTC) avec des partenariats comme Ro Health et Costco, estimant 100 millions d’Américains obèses non traités. Pfizer lance 10 études en phase avancée post-acquisition de Metsera. Amgen avance son candidat MariTide pour le maintien de la perte de poids.

Focus sur l’oncologie, les maladies rares et les neurosciences

Les pipelines se concentrent sur l’oncologie (ADC, bispécifiques PD-1/VEGF), avec Roche prévoyant 10 initiatives en phase 3 en 2025. Plus de 25 médicaments orphelins attendus pour approbation FDA en 2026. En neurosciences, des avancées en Alzheimer (Novartis-SciNeuro) et psychédéliques émergent. Les maladies rares attirent les investissements grâce à des données solides et des partenariats.

Rôle croissant de la Chine et dynamiques globales

La Chine devient une source clé d’innovation (un tiers des médicaments novateurs), avec des essais cliniques 30 % moins chers et plus rapides. Neuf deals entre pharmas occidentales et chinoises en 2026. Des disparités de prix persistent (États-Unis 2,78 fois plus cher que l’Europe), compliquant les stratégies globales.

Introductions en bourse (IPO) et financements

Une fenêtre IPO s’ouvre, avec Eikon (immuno-oncologie), Veradermics (perte de cheveux) et Aktis (radiopharma) annonçant des plans. Cela injecte du capital et offre des alternatives aux acquisitions.

Globalement, la conférence souligne une préparation accrue des big pharma face aux falaises de brevets, avec une emphase sur l’exécution, les partenariats sélectifs et les modalités émergentes comme les thérapies in vivo et les xenogreffes. Des risques comme les échecs en phase 3 ou la déflation des prix persistent, mais l’humeur est à la confiance pour une croissance soutenue jusqu’en 2030.

Sources : Articles de Presse Reuters, Bloomberg, JP MORGAN, Bioipharmadive

MDR/IVDR : une étude commandée par la Commission européenne confirme un frein sur les investissements.

MDR/IVDR : une étude commandée par la Commission européenne confirme un frein sur les investissements.

La Commission européenne vient de publier les résultats d’une étude menée par une société externe afin d’évaluer les impacts du Règlement Dispositifs Médicaux (MDR) et du Règlement Dispositifs Médicaux de Diagnostic In Vitro (IVDR).

Réalisée entre 2023 et 2024, cette analyse combine près de 470 réponses à un questionnaire, 41 entretiens ciblés, plusieurs ateliers de consultation et un exercice de benchmark. Dans l’enquête en ligne, la plupart des réponses provenaient d’Allemagne, qui représentait 19 % du total des réponses. Venaient ensuite l’Italie avec 10 %, les Pays-Bas et la France avec 9 % chacun, l’Espagne avec 7 % et la Belgique avec 6 %.

L’objectif de cette étude était d’identifier les bénéfices et les limites du cadre réglementaire actuel, ainsi que ses effets sur l’innovation, la compétitivité et la disponibilité des dispositifs.

Selon l’étude, 57 % des acteurs interrogés déclarent avoir rationalisé leur offre, tandis que 24 % ont cessé la production de certains dispositifs destinés au marché européen. Les grandes entreprises sont particulièrement concernées, avec près de 69 % d’entre elles ayant réduit leur gamme, contre seulement 13 % des PME. Cette contraction de l’offre, déjà observée dans d’autres analyses, soulève des inquiétudes quant à la disponibilité future de certaines technologies essentielles.

L’étude met également en lumière un scepticisme marqué quant à la capacité du MDR et de l’IVDR à soutenir l’innovation dans les années à venir. Seuls 11 % des répondants estiment que ces règlements favoriseront significativement l’innovation technologique d’ici cinq à dix ans. De même, 12 % considèrent que ces réglementations sont relativement adaptables pour faciliter l’innovation pendant cette période. À l’inverse, 34 % considèrent qu’ils ne contribueront pas à stimuler le développement de nouvelles solutions.

Ces constats surviennent alors que la Commission européenne a présenté, en décembre 2025, une proposition de réforme visant à simplifier les parcours réglementaires et à fluidifier les processus de certification (voir notre article du 06 janvier). Cette initiative répond à la pression croissante des industriels, des cliniciens et des États membres, qui alertent depuis plusieurs années sur les risques de pénurie, de désinvestissement et de perte de compétitivité du marché européen.

Dans ce contexte, les entreprises du secteur sont invitées à renforcer leur planification réglementaire, à optimiser leurs portefeuilles produits et à suivre de près les évolutions législatives à venir. L’étude souligne l’importance d’une adaptation rapide et stratégique pour maintenir l’innovation et garantir la disponibilité des dispositifs médicaux dans un environnement réglementaire en pleine transformation.

Source : RAPS

ISO/DIS 19011:2025

ISO/DIS 19011:2025

Une nouvelle génération de lignes directrices pour l’audit des systèmes de management dont la version finale est attendue pour 2026.

Publié pour la première fois en 2002, puis révisé en 2011 et 2018, l’ISO 19011 s’est imposé comme le référentiel international de référence pour la conduite des audits de systèmes de management, qu’il s’agisse d’audits internes, d’audits de seconde partie (fournisseurs) ou d’audits de tierce partie dans un contexte de certification.

En 2025, l’Organisation internationale de normalisation (ISO) engage une nouvelle étape avec la publication du DIS ISO 19011:2025 (Draft International Standard), dont la version finale est attendue début 2026.
Cette révision ne remet pas en cause les fondements méthodologiques de la norme, mais procède à une actualisation en profondeur de son contenu, afin de l’aligner sur les évolutions technologiques, organisationnelles et réglementaires des dernières années.

L’ambition affichée est claire : rendre les recommandations plus lisibles, plus cohérentes et mieux adaptées aux pratiques d’audit contemporaines, marquées par la transformation numérique, le pilotage par les risques, l’intégration des chaînes d’approvisionnement et le recours croissant aux audits à distance.

UNE EVOLUTION DAVANTAGE LINGUISTIQUE QUE STRUCTURELLE

Dans son architecture globale, l’ISO/DIS 19011:2025 demeure fidèle à la philosophie historique de la norme. Les principes de l’audit, la structure du document et l’approche processus restent inchangés.

L’évolution est en revanche notable sur le plan rédactionnel et terminologique. Les « lignes directrices » deviennent des « recommandations », traduisant une volonté de clarification sans alourdir le caractère volontaire du texte. Plusieurs définitions sont reformulées afin d’améliorer leur précision, et le vocabulaire est harmonisé avec celui des normes ISO de dernière génération.

Cette modernisation linguistique s’inscrit dans une démarche d’alignement au sein de la famille ISO, tout en conservant l’approche pragmatique et opérationnelle qui fait la spécificité de l’ISO 19011.

NOUVELLES DEFINITIONS ET AJUSTEMENTS CONCEPTUELS CLES

Introduction officielle de la méthode d’audit à distance

La norme introduit une définition explicite de la méthode d’audit à distance, définie comme une méthode permettant de mener des activités d’audit depuis un lieu autre que le site de l’audité.

Cette reconnaissance normative consacre les audits à distance comme une méthode d’audit à part entière, applicable tant à des sites physiques qu’à des environnements virtuels.

Il s’agit d’une évolution majeure, pleinement en phase avec les pratiques post-pandémiques et la digitalisation croissante des systèmes de management.

Renforcement du principe d’indépendance et d’objectivité

La formulation du principe d’indépendance est précisée afin de couvrir toutes les situations organisationnelles. Lorsque l’indépendance totale n’est pas possible, notamment dans les petites structures ou dans le cadre d’audits internes, la norme insiste désormais sur l’obligation d’agir sans parti pris ni conflit d’intérêts.

Cette évolution marque un déplacement du critère purement organisationnel vers une exigence comportementale et éthique, fondée sur l’intégrité et l’objectivité de l’auditeur.

Management du programme d’audit : une approche plus stratégique et contextuelle

La norme recommande désormais explicitement que le programme d’audit soit adapté à la taille et à la complexité de l’organisme, sans se limiter aux seules petites structures.

De nouveaux facteurs contextuels sont intégrés, parmi lesquels les enjeux internes et externes, la prise en compte du changement climatique, les besoins et attentes des parties intéressées, ainsi que l’utilisation d’outils technologiques et numériques.

Le programme d’audit n’est plus perçu comme un simple outil de planification, mais comme un levier stratégique, directement connecté à la compréhension du contexte global de l’organisation.

Les objectifs d’audit prennent désormais en compte les audits multi-systèmes ainsi que les organismes de la chaîne d’approvisionnement, nouvelle terminologie qui remplace celle de « prestataires externes » et reflète une vision plus systémique des relations fournisseurs.

Par ailleurs, la norme explicite davantage les risques opérationnels liés au programme d’audit, notamment ceux associés à la disponibilité des ressources, à la compétence des auditeurs, à l’impartialité ou à l’insuffisance des preuves collectées.

COMMUNICATION, PLANIFICATION ET REPORTING : VERS UNE PLUS GRANDE MATURITE OPERATIONNELLE

La prise de contact intègre désormais une exigence temporelle explicite, soulignant l’importance d’une planification anticipée. Cette précision renforce la robustesse des audits en sécurisant les phases préparatoires.

La planification évolue autour de deux axes structurants : la reconnaissance des audits conjoints, qui nécessitent une coordination renforcée et un échantillonnage harmonisé, et la distinction claire entre actions de traitement des risques et actions visant à saisir les opportunités.

Les exigences relatives à la communication sont élargies. La collecte de preuves par échantillonnage est formalisée dès la réunion d’ouverture, et la diffusion des informations clés concerne désormais explicitement le client de l’audit et le responsable du programme. La norme exige également que les critères de classification des non-conformités soient définis, afin de garantir l’objectivité des décisions.

En matière de rapport d’audit, la possibilité d’utiliser des formats spécifiques est introduite.

COMPETENCE DES AUDITEURS : UNE EXIGENCE ELARGIE ET PROFESSIONNALISEE

La détermination de la compétence intègre désormais l’utilisation de technologies émergentes, y compris les outils numériques avancés et, le cas échéant, l’intelligence artificielle.
Deux nouvelles aptitudes clés sont mises en avant : la compréhension des technologies émergentes et la capacité à atteindre les objectifs d’audit indépendamment de la méthode utilisée, qu’elle soit sur site, à distance ou hybride.

Le maintien de la compétence est renforcé par l’exigence de formations reconnues et par la justification d’une expérience régulière, consolidant ainsi une logique de compétence continue, démontrée et traçable.

ANNEXES INFORMATIVES : UN APPROFONDISSEMENT METHODOLOGIQUE ET REGLEMENTAIRE

Les annexes connaissent un enrichissement significatif. L’échantillonnage fondé sur le jugement doit désormais être justifié par une approche s’appuyant sur la théorie statistique et l’analyse des risques.

La norme clarifie explicitement que les exigences légales et réglementaires peuvent constituer des critères d’audit.

L’audit de la chaîne d’approvisionnement est considérablement développé, avec une approche approfondie des audits de seconde partie incluant les aspects contractuels, éthiques, qualitatifs et la surveillance à long terme des fournisseurs.

Enfin, la section consacrée aux méthodes d’audit à distance est entièrement repensée et alignée sur l’ISO/IEC TS 17012:2024, consacrant une approche méthodologique intégrée, fondée sur la coresponsabilité auditeur–audité, la gestion des risques et la maîtrise des enjeux technologiques.

A.16 — Utilisation de méthodes d’audit à distance : un cadre normatif désormais structuré et reconnu

La section A.16 du projet ISO/DIS 19011:2025 marque une évolution déterminante dans la reconnaissance et l’encadrement des méthodes d’audit à distance. Alors que l’édition 2018 abordait essentiellement l’« audit virtuel » comme une modalité ponctuelle et circonstancielle, la version 2025 consacre une approche méthodologique complète, pleinement intégrée au processus d’audit des systèmes de management.

 De l’audit virtuel aux méthodes d’audit à distance

Le changement terminologique opéré par la norme est révélateur d’une évolution conceptuelle profonde. La notion d’« audit virtuel », centrée sur l’utilisation d’outils numériques, est remplacée par celle de méthodes d’audit à distance, définies comme toute méthode permettant de réaliser des activités d’audit depuis un lieu autre que le site de l’audité.
Cette approche englobe désormais l’ensemble des situations dans lesquelles l’auditeur n’est pas physiquement présent, qu’il s’agisse de sites géographiquement distants, d’organisations multi-sites ou d’environnements numériques et virtuels.

Responsabilité conjointe et gouvernance de l’audit à distance

L’une des avancées majeures de la section A.16 réside dans l’introduction explicite d’une responsabilité conjointe entre l’audité et l’équipe d’audit. La norme établit clairement que la réussite d’un audit à distance repose sur une coopération équilibrée :

  • l’audité doit garantir la disponibilité des ressources nécessaires (infrastructures numériques, accès aux documents, disponibilité des interlocuteurs, connexions sécurisées),
  • l’auditeur demeure responsable de la validité, de la traçabilité, de l’impartialité et de la confidentialité des preuves collectées.

Cette coresponsabilité contribue à renforcer la transparence du processus d’audit et à limiter les litiges relatifs à la qualité, à la recevabilité ou à l’exploitabilité des résultats.

 Encadrement technique et logistique des audits à distance

La norme formalise désormais les exigences relatives à la préparation et à la sécurisation des audits à distance. Les protocoles d’accès, les tests techniques préalables, la gestion de la confidentialité, les autorisations de capture d’informations et les plans de contingence en cas d’incident technique sont explicitement intégrés au processus d’audit.

Ces éléments, déjà présents de manière implicite dans les pratiques professionnelles, deviennent des composantes normatives à part entière, directement rattachées à la gestion des risques du programme d’audit. La section A.16 s’inscrit ainsi pleinement dans la logique de la clause 5.3 de l’ISO 19011 relative à l’évaluation des risques et opportunités.

 Évolution des exigences de compétence des auditeurs

La version 2025 élargit significativement le périmètre de compétence attendu des auditeurs. Il ne s’agit plus seulement de savoir utiliser des outils de communication à distance, mais de maîtriser un ensemble de technologies adaptées à l’audit, incluant les plateformes collaboratives, les systèmes de gestion documentaire, les dispositifs de sécurité de l’information et les mécanismes de validation des preuves numériques.

Par ailleurs, la norme introduit une exigence de compétence méthodologique spécifique aux audits à distance. L’auditeur doit être capable de conduire un audit efficace, impartial et fiable, en maintenant un niveau de performance équivalent à celui d’un audit sur site, malgré les contraintes liées à l’absence de présence physique.

Intégration explicite des risques et opportunités

Pour la première fois, l’ISO 19011 reconnaît explicitement que l’utilisation de méthodes d’audit à distance génère des risques et opportunités spécifiques. Les risques liés à la perte de données, à la confidentialité, à l’observation indirecte des activités ou aux biais de communication doivent être identifiés, analysés et maîtrisés.
À l’inverse, la norme reconnaît également les opportunités offertes par ces méthodes, telles que la réduction des coûts, l’optimisation des délais, la mobilisation facilitée d’experts distants et l’élargissement du périmètre géographique des audits.

Cette approche équilibrée traduit une maturité accrue de la norme et renforce l’intégration des audits à distance dans le management global des audits.

Articulation avec l’ISO/IEC TS 17012

La référence explicite à l’ISO/IEC TS 17012:2024 constitue un point structurant de la section A.16. L’ISO 19011 conserve son rôle de cadre général de management des audits, tandis que la TS 17012 apporte des lignes directrices techniques détaillées relatives à la faisabilité, à la sécurité, à la confidentialité et à la continuité des audits à distance.

Cette articulation renforce la cohérence inter-normes et offre aux organisations et aux auditeurs un socle normatif clair et reconnu pour la mise en œuvre opérationnelle des méthodes d’audit à distance.

Portée et implications pratiques

En consacrant les méthodes d’audit à distance comme des pratiques normalisées, structurées et équivalentes aux audits sur site, la section A.16 du projet ISO/DIS 19011:2025 fait entrer définitivement l’audit dans l’ère numérique.
Elle fournit un cadre robuste pour sécuriser les pratiques existantes, professionnaliser les compétences et renforcer la confiance dans les résultats d’audit, quel que soit le mode de réalisation.

Cette évolution est particulièrement stratégique pour les secteurs fortement réglementés, tels que les dispositifs médicaux, où la traçabilité, la conformité réglementaire et la maîtrise des risques constituent des exigences critiques.

ENJEUX SPECIFIQUES POUR LE SECTEUR DES DISPOSITIFS MEDICAUX

Dans le cadre des réglementations MDR, IVDR et de l’ISO 13485, cette révision revêt une importance stratégique. Elle légitime pleinement les audits à distance et hybrides utilisés par les organismes notifiés, les fabricants et les fournisseurs critiques, tout en offrant un cadre normatif robuste pour la collecte électronique des preuves, la traçabilité, la cybersécurité et la protection des données.

Elle facilite également la conduite d’audits multi-sites et internationaux, désormais incontournables dans des chaînes d’approvisionnement mondialisées et fortement réglementées.

CONCLUSION — UNE EVOLUTION MAITRISEE VERS L’AUDIT INTELLIGENT

Le projet ISO/DIS 19011:2025 ne révolutionne pas l’audit, mais l’inscrit résolument dans la modernité.
En renforçant la clarté rédactionnelle, en intégrant pleinement les audits numériques et à distance, en valorisant la compétence technologique et l’impartialité des auditeurs, et en tenant compte des enjeux globaux et environnementaux, cette révision propose un cadre de référence plus agile et plus robuste.

L’audit n’est plus seulement un outil de conformité ; il devient un levier stratégique de confiance, de transparence et de performance durable, au service des organisations évoluant dans des environnements réglementaires de plus en plus complexes.

 

 

Les médicaments innovants coûtent cher à l’assurance maladie

Les médicaments innovants coûtent cher à l’assurance maladie

A l’occasion de la publication de son étude annuelle sur les chiffres-clés du médicament, l’assurance maladie annonce une augmentation significative de 7 % des dépenses des médicaments innovants.

Si le nombre de boîtes de traitements remboursés, qui s’élevait à 2,54 milliards de juillet 2024 à juin 2025 d’après les données dévoilées, est resté relativement stable depuis cinq ans, la facture générale de l’organisme payeur, elle, grimpe.

En 2024, les dépenses nettes de médicaments de l’Assurance-maladie, c’est-à-dire les montants payés après les remises négociées avec les laboratoires, ont atteint 27,2 milliards d’euros, soit une hausse de 7,2 % sur un an. Si le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques expliquent en partie cette poussée, ils n’en sont cependant pas les principales raisons, observe l’Assurance-maladie, qui met en exergue l’essor des coûts des traitements innovants et onéreux depuis une décennie.

« Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100 000 euros par patient, vingt et un ont franchi ce seuil en 2025, et les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185 000 euros par patient et par an », constate l’étude. Deux médicaments, prescrits pour un nombre très limité de malades, excèdent même le million d’euros annuel par patient : il s’agit du Bylvay (Ipsen), prescrit à 59 patients atteints d’une maladie rare du foie, et du Myalepta (Chiesi), prescrit à 39 patients atteints d’une maladie grave du tissu graisseux.

L’Assurance maladie a alerté sur l’explosion des coûts des médicaments innovants sur la dernière décennie dont certains anticancéreux, qui concentrent une part croissante des montants remboursés.

En 2024, deux anticancéreux ont dépassé le milliard d’euros de remboursement : Keytruda (Merck, 2,1 milliards d’euros) et Darzalex (Janssen, 1,05 milliard d’euros), souligne l’Assurance maladie, rappelant que le nombre de patients pris en charge en oncologie augmente en moyenne de 3 %

Source : Assurance Maladie (AMELI).