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Révision de l’Annexe 15 des GMP : nouveaux critères pour les fabricants d’API

Révision de l’Annexe 15 des GMP : nouveaux critères pour les fabricants d’API

Le 9 février 2026, l’EMA, en collaboration avec le PIC/S, a ouvert une consultation publique autour du Concept Paper visant à réviser l’Annexe 15 des GMP, un document essentiel encadrant la qualification et la validation dans la fabrication de médicaments.

Cette consultation, ouverte jusqu’au 9 avril 2026, marque un tournant majeur pour l’industrie pharmaceutique, et particulièrement pour les fabricants de substances actives (API).

Cette initiative fait suite aux défaillances identifiées lors de la crise des N-nitrosamines, notamment dans les sartans. Les autorités européennes ont conclu qu’un renforcement du niveau de qualité attendu était indispensable. La révision vise ainsi à améliorer la gestion des risques, à harmoniser les standards avec les directives internationales (dont ICH Q9 R1) et à intégrer des approches plus modernes de qualification et de validation.

Jusqu’ici, l’Annexe 15 s’appliquait principalement aux médicaments finis. Le Concept Paper propose désormais d’étendre officiellement son champ d’application aux fabricants de substances actives, chimiques comme biologiques.

Cette évolution répond à des lacunes observées lors d’inspections GMP et vise à reconnaître la production de substances actives comme une étape clé dans la qualité globale des médicaments.

L’intégration des API dans le périmètre obligatoire constitue un changement structurel fort qui renforcera la cohérence et la robustesse de la chaîne pharmaceutique.

La révision de l’Annexe 15 permettra également :

  • d’améliorer l’alignement avec les normes internationales de gestion de la qualité (notamment ICH Q9 R1),
  • d’intégrer une vision modernisée de la gestion des risques,
  • de renforcer la cohérence entre développeurs, fabricants d’API et producteurs de médicaments finis.

Ce travail s’inscrit dans la volonté d’anticiper les défis rencontrés par les industriels, en particulier ceux liés à la maîtrise des impuretés et à la prévention de crises similaires à celle des nitrosamines.

L’impact pour les fabricants d’API sera significatif :

  • montée en exigences en matière de qualification et validation,
  • renforcement de la traçabilité et de la justification scientifique,
  • meilleure maîtrise des risques liés aux procédés,
  • nécessité d’adapter ou de réévaluer certaines pratiques existantes (notamment nettoyage, qualification procédés, documentation).

Il est donc recommandé dès à présent aux fabricants d’initier une gap analysis pour anticiper les futures exigences car le calendrier est court :

  • Date limite pour les commentaires sur le document de réflexion – 9 avril 2026
  • Examen au sein du groupe de travail interinstitutionnel (IWG) GMP/GDP de l’EMA et du groupe de rédaction du comité PIC/S – à partir d’avril 2026
  • Publication du projet de lignes directrices pour consultation (consultation de 3 mois) – avril 2026
  • Date limite pour les commentaires sur le projet de lignes directrices – juin 2026
  • Approbation par le groupe de travail GMP/GDP de l’EMA – juillet 2026
  • Publication par la Commission européenne – d’ici décembre 2026
  • Adoption par le sous-comité PIC/S sur l’harmonisation des GMDP – d’ici décembre 2026

Cette révision n’est pas une refonte complète, mais une révision ciblée, qui devrait être suivie plus tard d’une révision plus large. Elle marque cependant une étape clé dans l’évolution réglementaire européenne, avec des implications directes sur la robustesse des processus et la sécurité sanitaire des patients.

Source : IFIS, EMA

Nouvelle gouvernance au Leem

Nouvelle gouvernance au Leem

Réunie mardi 10 mars 2026, l’Assemblée générale du Leem a validé par un vote la nouvelle gouvernance de l’organisation.

Le Leem, organisation représentative des entreprises du médicament en France, a officialisé le 10 mars 2026 une profonde évolution de sa gouvernance. Cette transformation vise à renforcer sa capacité d’action dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, des enjeux réglementaires majeurs et l’urgence de préserver l’accès aux innovations thérapeutiques.

L’Assemblée générale a validé une nouvelle structure des instances dirigeantes, articulée autour de :

  • Un Conseil d’administration recomposé en cinq collèges, reflétant la diversité des entreprises du secteur — de toutes tailles, françaises comme internationales, et couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur :
    • 3 collèges d’Exploitants (collège 1 : entreprises CA< 100M€, collège 2 : entreprises 100M€<CA<800M€, collège 3 : entreprises CA>800M€)
    • Collège 4 : laboratoires en développement
    • Collège 5 : Sous-traitants pharmaceutiques
  • Une comitologie simplifiée, pensée pour favoriser l’agilité, raccourcir les délais de décision et adapter plus rapidement les positions du Leem aux transformations du marché et des politiques publiques.

L’élection des 36 nouveaux administrateurs aura lieu le 5 mai prochain. Ceux-ci désigneront ensuite un Bureau de 12 membres, puis éliront le nouveau Président du Leem pour un mandat de trois ans. La mise en fonctionnement de cette nouvelle organisation est prévue entre juin et juillet 2026.

Après que quinze industriels, dont Sanofi, Ipsen et Pierre Fabre ait quitté le Leem au mois de Janvier 2026 (voir notre article du 14/01/2026), pour Thierry Hulot, Président du Leem, cette réforme signe « un nouveau départ ». Elle doit permettre à la profession de :

  • renforcer son poids dans les débats nationaux et européens sur les politiques de santé,
  • affronter avec plus d’unité les défis économiques pesant sur l’industrie,
  • et préserver l’accès aux traitements actuels comme aux innovations en développement.

Source : mypharma editions

Révision de l’Annexe 15 des GMP : nouveaux critères pour les fabricants d’API

Alerte ANSM : Usages détournés de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques

L’ANSM met en garde contre la promotion sur les réseaux sociaux de médicaments à base d’isotrétinoïne utilisés à des fins esthétiques et hors de leur indication autorisée.

Ces pratiques présentent des risques graves. L’agence rappelle que ces médicaments sont réservés aux acnés sévères résistantes, qu’ils doivent être prescrits selon des règles strictes et nécessitent un suivi médical personnalisé pour garantir une utilisation sûre.

Des médicaments à base d’isotrétinoïne (voir liste ci-dessous) sont détournés de leur usage pour des objectifs esthétiques. Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, certains contenus affirment à tort qu’ils peuvent « affiner le nez » ou donner une « peau plus nette ». Les déclarations de Kendall Jenner ont amplifié cette tendance appelée « Nose with Accutane ». L’ANSM rappelle toutefois que l’isotrétinoïne ne modifie pas la forme du nez.

Liste des spécialités d’isotrétinoïne commercialisées en France :

Spécialité à usage topique :

  • ROACCUTANE 0,05 % gel pour application locale

Spécialités par voie orale (5 mg, 10 mg, 20 mg et 40 mg) :

  • ISOTRETINOÏNE ACNETRAIT capsule molle
  • CONTRACNE capsule molle
  • CURACNE capsule molle
  • PROCUTA capsule molle

Un risque pour les utilisateurs sans contrôle médical

L’ANSM alerte sur les risques d’utilisation de l’isotrétinoïne en dehors de ses indications thérapeutiques autorisées qui sont le traitement des acnés sévères lorsque les autres traitements n’ont pas été efficaces.

Risque pour les utilisateurs sans contrôle médical :

  • Le risque de troubles psychiatriques

Des symptômes dépressifs et des modifications de l’humeur ont pu être constatés au cours du traitement ou après son arrêt.

  • Le risque de malformations pour l’enfant à naître

Ce traitement est strictement contre-indiqué pendant la grossesse en raison d’un risque élevé de malformation fœtale (par exemple : déformation du crâne). Une contraception doit être mise en place avant le début du traitement et poursuivie pendant sa durée et jusqu’à un mois après son arrêt.

D’autres effets indésirables peuvent survenir, notamment des risques d’atteinte du foie, de troubles de la peau (aggravation possible de l’acné, sécheresse importante…), de troubles de la vision (sécheresse de l’œil, inflammation…), de troubles musculaires ainsi que des troubles intestinaux.

Leur utilisation doit donc être strictement réservée aux indications autorisées et réalisée sous surveillance médicale stricte.

Vente et promotion de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques : une pratique illégale

« La vente et la promotion sans autorisation de médicaments sur internet sont illégales », souligne par ailleurs l’ANSM.

La prescription des médicaments à base d’isotrétinoïne est soumise à des règles strictes et doit s’accompagner d’un suivi médical personnalisé pour garantir son profil de sécurité:

  • prescription initiale réservée aux spécialistes en dermatologie ;
  • renouvellement non restreint ;
  • surveillance particulière pendant le traitement ;
  • programme de prévention de la grossesse chez les femmes en âge de procréer : prescription limitée à 1 mois, signature d’un accord de soins.

Source : ANSM

Filières pharmaceutiques, DM et DIV : cap sur une transition bas carbone

Filières pharmaceutiques, DM et DIV : cap sur une transition bas carbone

Face à l’urgence climatique et aux exigences croissantes de performance environnementale, la filière française des industries et technologies de santé se dote d’une nouvelle feuille de route stratégique.

Cette nouvelle feuille de route trace le chemin vers une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre, tout en préservant souveraineté sanitaire, qualité des médicaments et compétitivité industrielle.

La filière pharmaceutique a engagé sa transition carbone très récemment. Si les directions générales portent désormais le sujet et l’intègrent au pilotage stratégique, 20 % des filières de santé n’ont encore mis en place aucune action. Le bilan carbone progresse mais reste insuffisamment généralisé : 60% des acteurs de la filière pharmaceutique n’en n’avaient pas encore réalisé fin 2022, 55% dans le DM et le DIV fin 2024.

Les industries et technologies de santé émettent environ 25 MtCO₂eq en 2022, dont 16 MtCO₂eq pour les médicaments, 8 MtCO₂eq pour les dispositifs médicaux et DIV, et 0,6 MtCO₂eq pour la santé animale. Les scopes 1 et 2 ne représentent que 5 % des émissions, confirmant la prédominance du scope 3, notamment les approvisionnements, premier poste avec 45 à 60 % des émissions. La logistique constitue le deuxième poste (jusqu’à 15 % selon les segments), suivie de l’énergie et des procédés industriels, particulièrement marqués en chimie fine. L’usage et la fin de vie des produits complètent l’empreinte, avec une forte variabilité selon les catégories. Les progrès depuis 2015 restent modestes, avec seulement –4 % pour le médicament et –2 % pour les DM/DIV. D’ici 2030, la filière vise une réduction globale d’environ –25 %, portée par des objectifs ambitieux : –30 à –35 % pour le médicament, –20 % pour les DM/DIV et –15 % pour la logistique.

La feuille de route met en évidence un potentiel de décarbonation important, mais variable selon les segments. Les DM et DIV avancent plus lentement que le médicament, car leur impact dépend fortement des usages, de l’écoconception et de l’évolution des pratiques, qui s’inscrivent dans le temps long. Depuis 2015, des progrès significatifs ont été réalisés dans la mobilité, les bâtiments, les utilités et l’énergie, avec une poursuite attendue d’ici 2030. En revanche, la décarbonation des procédés industriels reste limitée, freinée par la complexité technique, réglementaire et économique, malgré l’émergence de nouveaux procédés chimiques prometteurs. Les approvisionnements constituent un levier majeur, qu’il s’agisse des intrants chimiques pour les médicaments ou des matériaux plastiques pour les DM, avec un fort potentiel via les solvants verts et les matériaux biosourcés ou recyclés. La logistique poursuit une transition régulière depuis 2015, tandis que la gestion des déchets et de la fin de vie des produits nécessite des évolutions réglementaires et une meilleure coordination entre acteurs.

Les industries et technologies de santé disposent de nombreux leviers pour réduire leurs émissions, mais leur potentiel de décarbonation ne pourra être pleinement réalisé sans lever plusieurs contraintes et instaurer un cadre incitatif cohérent entre fabricants, professionnels de santé et régulateurs. Pour accélérer la transition, il est essentiel de valoriser les produits à faible empreinte carbone, d’adapter la réglementation pour réduire les freins administratifs, et de favoriser des arbitrages bas‑carbone dans les approvisionnements, la R&D, les procédés et les investissements. La filière doit aussi réduire l’impact environnemental de la distribution, et améliorer l’usage et la fin de vie des produits grâce à une coopération renforcée avec les acteurs du recyclage et les établissements de santé. Le groupe de travail formule 15 propositions pour soutenir cette transition, qui doit s’inscrire dans une vision plus large d’industrie de santé verte, mais aussi de souveraineté industrielle et sanitaire :

  • Renforcer la prise en compte des efforts de décarbonation dans la politique tarifaire et au sein des marchés publics hospitaliers
    Proposition 1
  • Se doter de méthodologies partagées d’empreinte carbone et prendre en compte les efforts de décarbonation dans l’évaluation technico-économique des produits
    Proposition 2
  • Faciliter les demandes de variation du dossier d’AMM ou de certification CE contribuant à la décarbonation
    Proposition 3
  • Adapter et lever les difficultés de cohérence entre le cadre réglementaire européen et les règlementations transversales nationales pour faciliter la transition écologique
    Proposition 4
  • Disposer d’un guichet unique pour les entreprises des industries et technologies de santé, d’accompagnement de leur transition environnementale
    Proposition 5
  • Favoriser la production et l’approvisionnement local d’API et intrants chimiques
    Proposition 6
  • Favoriser la production et l’approvisionnement en matériaux biosourcés, recyclables et recyclés et d’alternatives à des matériaux visés par une interdiction
    Proposition 7
  • Soutenir la transition énergétique des industries et technologies de santé
    Proposition 8
  • Pérenniser et encourager les mécanismes financiers additionnels de soutien à la R&D et à la production bas carbone en adressant la diversité des entreprises
    Proposition 9
  • Optimiser les packagings et les conditions de conservation des produits : bonnes pratiques d’écoconception et de distribution en gros
    Proposition 10
  • Inciter à la rationalisation des commandes à l’émission & optimiser les flux
    Proposition 11
  • Optimiser la consommation des produits de santé en renforçant la coopération dans les relations clients/fournisseurs au sein de l’écosystème de santé
    Proposition 12
  • Optimiser l’empreinte matière des produits de santé et leur consommation énergétique en phase usage
    Proposition 13
  • Optimiser la valorisation matière des produits de santé en fin de vie
    Proposition 14
  • Sensibiliser les patients et mobiliser l’écosystème santé r/ décarbonation
    Proposition 15

La filière pharmaceutique française dispose d’un important potentiel de décarbonation, encore largement sous‑exploité. Les avancées récentes témoignent d’une dynamique réelle, portée par les acteurs les plus engagés. Le défi consiste désormais à mobiliser les 20 % d’acteurs encore inactifs, à lever les freins réglementaires et à mieux valoriser les efforts environnementaux. En réunissant ces conditions, la France pourra consolider son ambition de devenir un leader européen de la santé bas carbone.

Source : Direction générale des entreprises

Analyse critique du position paper de Team-NB sur la révision MDR/IVDR

Analyse critique du position paper de Team-NB sur la révision MDR/IVDR

Analyse structurée du position paper de Team-NB : soutien à la simplification, réserves majeures sur la réduction du contrôle, soutenabilité économique et impacts systémiques.

Le 2 mars 2026, Team-NB a publié un position paper consacré à la révision du Règlement (UE) 2017/745 (MDR) et du Règlement (UE) 2017/746 (IVDR). Le document adopte une posture nuancée : soutien aux objectifs de simplification et de prévisibilité, mais mise en garde ferme contre les effets potentiellement déstabilisateurs de certaines mesures proposées.

Cette analyse vise à examiner la structure argumentative du document, ses données clés, ainsi que les implications réglementaires et économiques sous-jacentes.

1. Une adhésion de principe aux objectifs de la révision

Dès l’executive summary, Team-NB affirme soutenir les objectifs poursuivis par la Commission : amélioration de la prévisibilité, renforcement de la transparence et accroissement de l’efficacité des procédures d’évaluation de conformité.

Le document rappelle que le MDR et l’IVDR ont déjà produit des effets structurants positifs :

  • documentation technique mieux structurée ;
  • exigences cliniques renforcées ;
  • montée en maturité des systèmes qualité des fabricants.

L’association insiste également sur le potentiel des outils numériques, notamment le déploiement d’EUDAMED, la digitalisation des certificats et l’utilisation d’outils d’audit à distance. L’analyse de Team-NB est cohérente avec une approche de modernisation procédurale : réduction de la charge administrative par rationalisation des flux d’information, non par abaissement des exigences substantielles.

Le document soutient également :

  • un dialogue réglementaire plus précoce,
  • l’implication accrue d’experts,
  • des voies clarifiées pour les dispositifs innovants (breakthrough, orphan, sandboxes).

Sur le plan analytique, cette première partie établit un socle de légitimité : Team-NB ne s’oppose pas à la réforme en tant que telle, mais cherche à en encadrer les effets.

2. Le cœur de l’argumentation : le risque de réduction excessive du contrôle

La section 3 constitue le pivot du position paper. Team-NB y identifie un ensemble de mesures susceptibles de réduire le niveau de surveillance réglementaire en dessous de celui qui prévalait sous les anciennes directives.

Les points cités incluent :

  • réduction des audits QMS,
  • diminution de l’échantillonnage des dossiers techniques,
  • baisse des audits inopinés,
  • allègement de la revue des données de vigilance et des PSUR,
  • réduction des exigences liées aux SSCP,
  • ajustement des mécanismes de recertification.

L’argumentation repose sur un raisonnement systémique : une réduction du contrôle ex ante nécessite mécaniquement un renforcement du contrôle ex post. Or, le document ne constate pas de renforcement proportionné des capacités de surveillance de marché des autorités compétentes.

D’un point de vue méthodologique, Team-NB met en avant un risque de déséquilibre structurel : soulagement administratif à court terme vs. affaiblissement de la robustesse du système à long terme.

L’analyse sous-jacente est claire : le modèle européen repose sur un contrôle indépendant assuré par des organismes notifiés désignés. Réduire ce contrôle sans données probantes démontrant l’absence d’impact sur la sécurité revient à modifier un paramètre central de l’architecture réglementaire.

3. Une contestation chiffrée des économies annoncées

Un des arguments les plus factuels du document concerne l’estimation par la Commission d’un gain de 2,1 milliards d’euros lié aux activités d’évaluation de conformité.

Team-NB oppose à cette estimation le chiffre d’affaires total des 50 NB en 2024 : 475 millions d’euros.

L’argument est arithmétique : même une réduction massive de l’activité NB ne pourrait générer une économie de l’ordre annoncé sans suppression quasi intégrale du système d’évaluation.

De plus, les activités NB représenteraient environ 0,28 % d’un marché MedTech européen estimé à 170 milliards d’euros.

Cette partie du document constitue un point fort analytique : elle confronte une hypothèse politique à des données économiques concrètes. Le raisonnement suggère que l’impact macroéconomique des coûts NB est marginal, alors que leur rôle en matière de sécurité et de crédibilité réglementaire est structurant.

4. L’enjeu stratégique des micro et petites entreprises

Le position paper analyse également l’introduction d’une réduction obligatoire des frais NB pour les micro et petites entreprises, sans distinction de localisation géographique.

Team-NB identifie plusieurs conséquences potentielles :

  1. Une part significative des certificats MDR/IVDR récents concerne des fabricants non établis dans l’UE.
  2. Plus de la moitié des micro et petites entreprises opérant sur le marché européen seraient non européennes.
  3. La charge d’évaluation dépend du risque du dispositif et de la qualité du dossier, non de la taille de l’entreprise.

L’argumentation combine deux niveaux d’analyse :

  • Compétitivité intra-UE : le mécanisme pourrait indirectement favoriser des acteurs non européens.
  • Soutenabilité des NB : réduction des revenus sans réduction corrélative de la charge de travail.

Le document souligne également un paradoxe structurel : de nombreux organismes notifiés sont eux-mêmes des PME. Une baisse imposée de leurs honoraires pourrait fragiliser leur modèle économique et, par ricochet, la capacité globale du système d’évaluation.

5. Problèmes de définitions et risques d’instabilité normative

Team-NB insiste sur la nécessité de clarifier plusieurs notions clés :

  • Well-Established Technologies (WET),
  • équivalence,
  • similar device,
  • rolling review,
  • Basic UDI-DI,
  • mécanismes de règlement des différends.

L’analyse suggère qu’une simplification réglementaire mal définie peut générer davantage d’incertitude interprétative. Dans un système déjà fortement dépendant de lignes directrices MDCG et d’interprétations harmonisées, toute ambiguïté conceptuelle peut se traduire par des divergences d’application entre États membres.

6. Une position globalement réformiste mais conditionnelle

Le position paper ne rejette pas la réforme. Il en accepte les orientations positives :

  • digitalisation,
  • amélioration du dialogue,
  • rationalisation procédurale,
  • soutien à l’innovation.

Cependant, Team-NB pose une condition centrale : toute réduction de contrôle doit être fondée sur des données objectives démontrant l’absence d’impact négatif sur la sécurité des patients.

La conclusion du document insiste sur une réforme :

  • fondée sur des preuves,
  • économiquement réaliste,
  • mise en œuvre à un rythme compatible avec la stabilité du système.

Conclusion analytique

Le position paper de Team-NB constitue un document structuré, argumenté et relativement modéré. Il ne s’agit pas d’un refus de la simplification, mais d’un avertissement contre une approche centrée sur la réduction des coûts au détriment de la cohérence systémique.

Trois messages structurants émergent :

  1. Le MDR/IVDR ont déjà renforcé la qualité et la sécurité.
  2. Les économies annoncées semblent disproportionnées au regard de la réalité économique des NB.
  3. Une réduction non calibrée du contrôle pourrait fragiliser l’équilibre entre innovation, compétitivité et sécurité.

En définitive, l’analyse de Team-NB replace le débat sur un terrain stratégique : la question n’est pas de simplifier, mais de déterminer jusqu’où simplifier sans altérer l’intégrité du modèle européen d’évaluation de conformité.

Source : Team-NB