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Vers un vaccin thérapeutique contre les allergies alimentaires

Vers un vaccin thérapeutique contre les allergies alimentaires

Des chercheurs de l’Inserm, en collaboration avec l’Institut Pasteur et l’entreprise française Néovacs, travaillent au développement d’un vaccin thérapeutique innovant.

Les allergies alimentaires sévères représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Elles exposent les patients à un risque de choc anaphylactique, une réaction immunitaire brutale et potentiellement mortelle. Pour répondre à ce défi, des chercheurs de l’Inserm, en collaboration avec l’Institut Pasteur et l’entreprise française Néovacs, travaillent au développement d’un vaccin thérapeutique innovant.

Contrairement aux vaccins préventifs, ce projet cible les personnes souffrant déjà d’allergies sévères. L’ambition est de leur offrir une protection durable contre l’anaphylaxie, en bloquant le mécanisme immunitaire responsable de la réaction allergique.

Les immunoglobulines E (IgE) jouent un rôle central dans les allergies. En se liant aux mastocytes, elles déclenchent la libération d’histamine, responsable des symptômes. Le vaccin développé reprend le principe de l’omalizumab, un anticorps monoclonal utilisé depuis vingt ans contre l’asthme allergique sévère et récemment autorisé pour les allergies alimentaires aux États-Unis. Mais là où l’omalizumab nécessite des injections régulières et coûteuses, le vaccin vise à stimuler l’organisme pour qu’il produise lui-même des anticorps anti-IgE sur le long terme.

Le candidat vaccin associe un fragment d’IgE à un dérivé de toxine diphtérique, déjà utilisé dans d’autres vaccins. Cette combinaison permet au système immunitaire de reconnaître la cible et de générer une réponse efficace et durable.

Les essais précliniques menés sur des souris transgéniques exprimant des IgE humaines ont montré :

  • une production d’anticorps anti-IgE,
  • une diminution massive des IgE libres dans le sang,
  • une protection totale contre l’anaphylaxie, maintenue jusqu’à un an après l’injection.

Ces résultats suggèrent une efficacité prolongée, bien supérieure aux traitements actuels.

La prochaine étape sera le lancement d’un essai clinique en partenariat avec Néovacs. Le vaccin serait d’abord destiné aux patients les plus sévèrement atteints, avant une possible extension à des formes moins graves. Les chercheurs envisagent également des applications dans d’autres pathologies liées aux IgE, comme l’asthme allergique, certaines allergies aux venins ou une forme particulière d’urticaire chronique.        

Source : INSERM

Paquet Pharmaceutique

Paquet Pharmaceutique

Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen ont conclu, le 11 décembre 2025, un accord historique sur la réforme de la législation pharmaceutique de l’UE.

Ce “pharma package” vise à améliorer l’accès des patients aux médicaments tout en renforçant la compétitivité de l’industrie européenne.

Après plus de deux ans de négociations intenses, marquées par des débats sur la protection des brevets et les incitations à l’innovation, les colégislateurs européens ont trouvé un compromis sur un ensemble de textes qui modernisent un cadre juridique vieux de vingt ans. Cette réforme est considérée comme la plus importante depuis la Directive 2001/83/CE, et elle répond à la double exigence de favoriser l’innovation et de garantir un accès équitable aux traitements.

Les principaux axes de la réforme sont les suivants :

Période réglementaire de protection des données de huit ans, suivie d’une année supplémentaire de protection du marché (pendant laquelle les produits génériques ou biosimilaires ne peuvent pas être vendus), après l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché qui pourra être prolongée d’une année supplémentaire pour les médicaments innovants qui remplissent deux des trois conditions suivantes :

  • si le produit en question répond à un besoin médical non satisfait
  • s’il contient une nouvelle substance active, remplissant une combinaison de conditions relatives aux essais cliniques comparatifs, aux essais cliniques réalisés dans plusieurs États membres et à l’obligation de demander une autorisation de mise sur le marché dans les 90 jours suivant le dépôt de la demande de première autorisation de mise sur le marché en dehors de l’Union
  • si l’entreprise obtient une autorisation pour une ou plusieurs nouvelles indications thérapeutiques qui apportent un bénéfice clinique significatif par rapport aux thérapies existantes
  • L’accord prévoit un plafond de onze ans pour la période de protection réglementaire combinée.

 Les médicaments orphelins destinés à traiter une maladie pour laquelle il n’existe actuellement aucun traitement médical disponible (« médicaments orphelins innovants ») bénéficieraient d’une exclusivité commerciale pouvant aller jusqu’à onze ans.

Afin de favoriser l’entrée plus rapide sur le marché des médicaments génériques et biosimilaires, l’accord clarifie la portée de l’exemption « Bolar » (qui permet aux fabricants de mener certaines activités pendant la période de protection commerciale du produit original). Les droits de brevet ne seraient pas violés lorsque les études, essais et autres activités nécessaires sont menés dans le but d’obtenir des autorisations de mise sur le marché, de réaliser des évaluations des technologies de santé, d’obtenir des autorisations de prix et de remboursement ou de soumettre des demandes d’appel d’offres.

 Introduction d’un « bon d’exclusivité transférable » pour les antimicrobiens prioritaires, donnant droit à 12 mois supplémentaires de protection des données pour un produit autorisé. La prolongation de 12 mois peut être utilisée une seule fois, pour l’antimicrobien prioritaire ou pour un autre médicament autorisé en procédure centralisée par le même titulaire d’autorisation de mise sur le marché ou par un autre.

Parmi les nouvelles mesures visant à promouvoir l’utilisation raisonnée des antimicrobiens, l’accord introduit des exigences plus strictes, telles que la prescription médicale obligatoire pour tous les antimicrobiens, des exigences spécifiques en matière d’information à fournir dans la notice et une « carte de sensibilisation » au format papier dans le cas où la notice n’est disponible qu’en version électronique.

Lorsqu’elles demandent une autorisation de mise sur le marché pour des antimicrobiens, les entreprises devront également fournir un « plan de gestion des antimicrobiens » et inclure une évaluation du risque de résistance aux antimicrobiens dans le cadre de l’évaluation obligatoire des risques environnementaux.

Simplification de la structure des comités de l’EMA en passant de cinq à deux comités scientifiques pour les médicaments à usage humain : le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) et le Comité d’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC). La structure rationalisée permet de réduire le délai d’évaluation (de 210 à 180 jours) et libère des ressources scientifiques afin de renforcer le soutien apporté aux développeurs de médicaments avant l’autorisation de mise sur le marché. L’autorisation de mise sur le marché d’un médicament sera valable par défaut pour une durée illimitée, ce qui évitera la charge administrative inutile liée aux renouvellements, sauf si les comités scientifiques de l’EMA l’exigent pour des raisons de sécurité.

Solutions numériques : la réforme exigera des demandeurs qu’ils soumettent leurs demandes d’autorisation de mise sur le marché sous forme électronique et structurée et qu’ils mettent à disposition les informations approuvées sur les produits sous forme électronique (ePI).

Dans des conditions particulières, la Commission pourrait mettre en place des « bacs à sable réglementaires » afin de permettre le développement et l’expérimentation de thérapies nouvelles et innovantes, sous la supervision directe des autorités compétentes.

 La réforme établit plusieurs nouvelles règles pour les titulaires d’AMM et les autorités de santé publique afin de garantir la continuité de l’approvisionnement et la disponibilité des médicaments essentiels dans l’UE, notamment :

  • des obligations plus strictes pour les entreprises afin de garantir l’approvisionnement continu en médicaments.
  • l’obligation de notifier à l’avance les pénuries et les retraits et de mettre en place des plans de prévention des pénuries pour les médicaments soumis à prescription.
  • la surveillance des pénuries prévues et réelles par l’EMA et les autorités nationales compétentes, sur la base des notifications des titulaires d’autorisations de mise sur le marché.
  • l’établissement d’une liste européenne des médicaments essentiels pour lesquels des évaluations de la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement seront effectuées.

 La réforme doit encore être formellement adoptée par le Conseil et le Parlement, mais son adoption est désormais quasi certaine. Elle marque une étape stratégique pour l’Europe, qui cherche à rester compétitive face aux États-Unis et à la Chine.

Source : European parliament

Un point sur l’utilisation de l’IA grâce au rapport de la Cour des Comptes

Un point sur l’utilisation de l’IA grâce au rapport de la Cour des Comptes

De façon globale, la Cour des comptes juge que la stratégie sur l’IA a obtenu de « beaux succès », en citant par exemple la recherche ou les start-up.

Les magistrats financiers identifient aussi « cinq défis critiques, insuffisamment couverts jusqu’ici », qui « doivent être placés au cœur de la politique publique de l’IA » :

  • « adapter la formation dans tous les secteurs et anticiper les mutations du marché du travail ». « L’adaptation à ces évolutions implique un effort de formation initiale et continue sans précédent, en priorité dans les secteurs qui sont déjà très impactés par les applications de l’IA », juge la Cour. Elle cite « le domaine médical, dans toutes les spécialités et à toutes les étapes du parcours de soins », et où les transformations « conduisent à faire fortement évoluer les compétences attendues des médecins, et nécessitent de repenser en profondeur le contenu de leur formation »
  • « investir sur la donnée, son accès, sa qualité, sa protection et son stockage souverain ». « De nouvelles voies pourraient notamment être explorées en privilégiant des approches sectorielles et fédérées », juge-t-elle. « En particulier, dans le domaine de la santé, définir un cadre de gouvernance opérant suppose une nouvelle forme de R&D pour ne pas risquer de développer une approche centralisée, éloignée de l’organisation de l’offre de soins, qui risque de devenir rapidement obsolète et de poser des problèmes de souveraineté »
  • « faire de l’IA un levier de qualité, d’efficience et d’efficacité de l’action publique ». La Cour propose ainsi « la désignation de coordonnateurs ministériels de l’IA » et la mise en place d' »une équipe-projet », qui « rassemblerait spécialistes des solutions en IA, directions métiers des ministères et corps d’inspection afin d’identifier les besoins et les solutions d’IA qui y répondent »
  • « accélérer l’adoption des usages de l’IA par les entreprises »
  • « construire une ambition réaliste en matière de composants et mieux intégrer les enjeux « habilitants ».

 

La Cour formule 10 propositions, insistant, lors de la présentation, sur la première : la mise en place d’un secrétariat général à l’IA, rattaché au premier ministre, pour renforcer le pilotage interministériel. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’y est dit favorable, a souligné Pierre Moscovici.

 

Source : TIC PHARMA

 

 

L’emploi dans l’industrie pharmaceutique française

L’emploi dans l’industrie pharmaceutique française

Lors d’une conférence de presse, le LEEM a fait un bilan sur l’emploi dans l’industrie pharmaceutique. Voici un extrait.

« L’industrie du médicament, secteur stratégique et moteur d’emplois qualifiés et d’inclusion, voit sa dynamique de recrutement s’essouffler dangereusement. C’est le nouveau signal d’alerte que révèle le Rapport sur l’Emploi dans le secteur en 2024, publié par le LEEM. Dans un contexte économique international et national de plus en plus contraint, la France perd du terrain. Si nous laissons la spirale actuelle se poursuivre, ce sont notre compétitivité dans les territoires et notre souveraineté sanitaire qui vacilleront. Il est urgent d’agir pour renverser ce décrochage compétitif.

En 2024, la croissance de l’emploi ralentit (+1,1 % contre +2,4 % en 2023), les embauches en CDI reculent (-10 %), et les recrutements de seniors et de jeunes sont en baisse – la projection des recrutements d’alternants pour 2025 prévoit un décrochage inédit de -13 %. Si rien n’est fait maintenant, le risque est d’atteindre un point de non-retour et d’entrer dans une spirale négative.

Avec 109 243 emplois répartis dans plus de 150 métiers et 256 sites de production implantés sur tout le territoire, l’industrie pharmaceutique française est un pilier de la souveraineté sanitaire. Elle se distingue par un taux de 85 % d’emplois en CDI, bien supérieur à la moyenne nationale (72 %), et par une féminisation encore rare dans l’industrie : 57 % de femmes, dont 49 % à des postes de cadres supérieurs et cadres dirigeants.

Les entreprises sont engagées plus largement en faveur de l’inclusion, avec 5,75 % de salariés en situation de handicap, contre 1,35 % en 2010, ou encore le maintien des seniors dans l’emploi (38,5 % ont plus de 50 ans). Autant d’indicateurs qui font de ces entreprises les garantes d’un modèle social exemplaire et des acteurs territoriaux qui créent de la valeur humaine, économique, thérapeutique dans tous les bassins d’emploi en France.

Aujourd’hui, la France est à l’heure des choix. Dans un contexte géopolitique plus que jamais bouleversé et incertain, où la souveraineté sanitaire est un enjeu stratégique, il est impératif de préserver un cadre stable et prévisible pour soutenir l’emploi, l’innovation et l’attractivité industrielle. » 

Source LEEM

 

Un point sur l’utilisation de l’IA grâce au rapport de la Cour des Comptes

Quelques nouvelles sur les sites industriels pharmaceutiques

Voici quelques nouvelles relatives aux sites industriels (investissements, nouvelles unités ou nouveaux sites) 


BENTA
Implanté à Saint-Genis-Laval, près de Lyon (Rhône), le laboratoire pharmaceutique Benta investit 5 millions d’euros dans la construction d’une unité de production de flacons en salle blanche, destinée au laboratoire vétérinaire MELCHIOR Santé animale.

MAYOLY
Le laboratoire Mayoly, spécialisé en gastroentérologie et dermocosmétique, a retenu les laboratoires Galien installés à Auxerre, dans l’Yonne, pour relocaliser sa production de colchicine jusque-là fabriquée en Roumanie.


GUERBET
Guerbet a posé la première pierre de son futur évapo-concentrateur sur son site de Lanester, en périphérie de Lorient (Morbihan) ce qui représente un investissement de 7 M€. Cette usine bretonne produit des principes actifs du groupe, spécialiste français des produits de contraste utilisés en imagerie médicale.  Grâce à ce nouvel équipement, le laboratoire va considérablement alléger l’empreinte carbone de son site de chimie fine. La mise en service de l’évapo-concentrateur, et les tonnes de CO2 économisées, chiffrées à 3 700 t par an, représentent près de 25 % des objectifs de décarbonation du groupe.

LILLY
Lilly va investir 6 milliards de dollars pour faire sortir de terre un nouveau site de production de principes actifs à Huntsville, dans l’Alabama.  L’installation sera capable de fabriquer des petites molécules et des peptides, dont l’orforglipron, un analogue du GLP-1 par voie orale que Lilly espère bientôt amener sur le marché comme traitement de l’obésité. Le site devrait être mis en service en 2032. Il emploiera 450 personnes.

Sources : Communiqués de presse des entreprises