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Traitement hormonal de la ménopause

publié le 8 Juil, 2026

Après plusieurs années de recul, l’initiation de traitement hormonal de la ménopause (THM) augmente progressivement en France depuis 2022.

Une étude menée par EPI-PHARE, à partir des données nationales de santé, montre qu’en 2025 près de 500 000 femmes ont bénéficié d’un THM, illustrant une évolution des pratiques médicales et des connaissances sur la balance bénéfices-risques.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est indiqué pour soulager les symptômes liés à la ménopause, tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les troubles du sommeil ou encore la sécheresse génito-urinaire, lorsqu’ils altèrent la qualité de vie. Il peut également être prescrit dans la prévention de l’ostéoporose chez les femmes présentant un risque élevé de fracture.

Les pratiques de prescription ont cependant profondément évolué depuis la publication, en 2002, des résultats de l’étude Women’s Health Initiative (WHI), qui ont mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein, d’événements cardiovasculaires et thromboemboliques avec certains traitements hormonaux. Les recommandations françaises préconisent désormais une évaluation individuelle du rapport bénéfice-risque, une prescription à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte possible. Elles privilégient également les estrogènes administrés par voie transdermique, associés à de la progestérone micronisée ou à la dydrogestérone.

Le rapport publié par EPI-PHARE analyse les données du Système national des données de santé (SNDS) afin de décrire l’évolution du recours au THM en France entre 2012 et 2025, ainsi que les caractéristiques des femmes traitées et les modalités de prescription.

Les résultats montrent qu’après près de vingt ans de diminution, le recours au THM est reparti à la hausse. En 2025, 496 245 femmes utilisaient un THM, soit 2,5 % des femmes de plus de 40 ans et 4,4 % des femmes âgées de 45 à 60 ans, la tranche d’âge la plus concernée. Entre 2012 et 2022, le nombre de femmes traitées avait diminué de près de 46 %, avant d’augmenter de 24 % entre 2022 et 2025. Au total, 132 397 femmes ont débuté un THM en 2025, dont plus de 80 % étaient âgées de 45 à 60 ans. L’âge moyen d’initiation était de 52 ans, en accord avec les recommandations qui préconisent un début de traitement peu après la ménopause lorsque les symptômes sont suffisamment invalidants.

L’étude met également en évidence une évolution importante des pratiques de prescription. La voie transdermique est désormais largement privilégiée en raison d’un profil de sécurité plus favorable, notamment vis-à-vis du risque thromboembolique, par rapport à la voie orale. Parallèlement, la progestérone micronisée remplace progressivement les progestatifs de synthèse. Les traitements sont généralement initiés autour de 52 à 53 ans, soit au cours de la période correspondant à la « fenêtre d’opportunité thérapeutique », et leur durée est le plus souvent inférieure à trois ans.

Les femmes débutant un THM présentent globalement moins de facteurs de risque cardio-métaboliques et de cancer que les non-utilisatrices, ce qui suggère une meilleure sélection des patientes conformément aux recommandations actuelles.

L’étude met toutefois en évidence plusieurs disparités. D’importantes variations régionales persistent dans les pratiques de prescription. En outre, les femmes issues des milieux socio-économiques les plus défavorisés recourent moins souvent au THM et, lorsqu’elles en bénéficient, celui-ci est plus fréquemment administré par voie orale, malgré un profil de risque cardio-métabolique généralement moins favorable. L’étude relève également certaines prescriptions d’estrogènes sans association à un progestatif chez des femmes non hystérectomisées, une pratique qui n’est pas conforme aux recommandations visant à prévenir le risque d’hyperplasie et de cancer de l’endomètre.

Dans un contexte d’évolution des recommandations nationales relatives à la prise en charge de la ménopause, ces résultats constituent un outil précieux pour suivre les pratiques de prescription. Ils soulignent également la nécessité de poursuivre les recherches afin de mieux évaluer les bénéfices et les risques du THM à court et à long terme.

Source : ANSM

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