L’ANSM, en partenariat avec l’Assurance Maladie et Cyclamed, publie les résultats de l’étude PERIMED, première étude française de grande ampleur consacrée aux médicaments non utilisés (MNU).
L’objectif de cet étude est de comprendre les causes du non-usage des médicaments afin d’identifier des actions concrètes pour réduire le gaspillage, améliorer le bon usage des traitements et limiter leur impact environnemental.
Chaque année, 7 675 tonnes de médicaments non utilisés sont rapportées en pharmacie puis détruites.
Le coût de ce gaspillage est estimé à 517 millions d’euros par an pour l’Assurance Maladie, dont 278 millions d’euros concernent des médicaments encore valables au moment de leur retour.
Les médicaments les plus fréquemment retrouvés sont les antalgiques, les médicaments cardiovasculaires, les traitements du système nerveux et les antibiotiques.
L’étude montre que le gaspillage est multifactoriel. Les principales causes sont :
- l’arrêt prématuré d’un traitement (amélioration de l’état de santé, effets indésirables, manque d’efficacité perçue) ;
- des traitements prescrits « si besoin » qui ne sont finalement pas utilisés ;
- des conditionnements contenant plus de doses que nécessaire ;
- des médicaments qui périment avant d’être consommés.
L’ANSM et l’Assurance Maladie recommandent plusieurs mesures pour réduire le gaspillage :
- adapter les tailles des conditionnements aux durées réelles de traitement ;
- allonger la durée de conservation des médicaments lorsque les données scientifiques le permettent ;
- améliorer les pratiques de prescription et de délivrance ;
- renforcer l’information des patients pour favoriser une meilleure observance ;
- poursuivre les initiatives de révision des traitements, notamment à domicile ;
- expérimenter, à partir de septembre 2026, un circuit sécurisé permettant la redispensation à l’hôpital de certains médicaments anticancéreux non utilisés.
La question du non-usage des médicaments est également à l’agenda européen. Les travaux d’experts internationaux convergent avec les conclusions de l’étude PERIMED : adaptation des conditionnements, allongement des durées de conservation, écoconception des emballages. Ces travaux s’inscrivent dans une approche coordonnée à l’échelle de l’Union européenne.
En France, la Direction générale de la santé envisage par ailleurs une expérimentation de circuit sécurisé permettant une redispensation à l’hôpital de certains médicaments anticancéreux non utilisés, à partir de septembre 2026. Une initiative soutenue pleinement par l’Assurance Maladie.
Au-delà de son coût économique, le gaspillage médicamenteux représente un enjeu sanitaire, environnemental et sociétal. L’étude conclut que sa réduction nécessite une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament : industriels, prescripteurs, pharmaciens, patients et pouvoirs publics.
Source : ANSM

