01 42 86 86 00 info@strategiesante.com
Utiliser les insectes pour fabriquer des molécules biologiques

Utiliser les insectes pour fabriquer des molécules biologiques

Des chercheurs Sud-Coréens, dirigés par Kenichiro Itami du RIKEN Pioneering Research Institute (PRI) / RIKEN Center for Sustainable Resource Science (CSRS), ont réussi à utiliser des insectes comme mini-usines à fabriquer des molécules, marquant ainsi une percée dans le domaine de l’ingénierie chimique.

Ces chercheurs, dirigés par Kenichiro Itami du RIKEN Pioneering Research Institute (PRI) / RIKEN Center for Sustainable Resource Science (CSRS), ont trouvé un moyen grâce aux insectes, de créer des molécules complexes, ayant de multiples applications, notamment en biologie.

Les nanocarbones moléculaires sont de minuscules structures composées uniquement d’atomes de carbone. Malgré leur taille minuscule, ils peuvent être mécaniquement solides, conduire l’électricité et même émettre une lumière fluorescente. » Notre équipe a mené des recherches sur les nanocarbones moléculaires, mais nous avons également développé des molécules qui agissent sur les mammifères et les plantes », explique Itami. « Grâce à ces expériences, nous nous sommes soudain demandé ce qui se passerait si nous donnions des nanocarbones aux insectes ».

Les chercheurs du RIKEN ont émis l’hypothèse que les insectes pourraient servir d’usines chimiques vivantes, effectuant les types de modifications chimiques des nanocarbones qui sont difficiles à reproduire en laboratoire. Pour tester leur concept, l’équipe a nourri des chenilles du ver gris du tabac avec un régime contenant un nanocarbone moléculaire en forme de ceinture connu sous le nom de [6]MCPP. Deux jours plus tard, l’analyse du caca de la chenille a révélé une nouvelle molécule, le [6]MCPP-oxylène, c’est-à-dire du [6]MCPP auquel a été incorporé un atome d’oxygène. Ce changement subtil a rendu la molécule fluorescente.

Ce travail ouvre une nouvelle voie dans la science des matériaux : la fabrication de molécules fonctionnelles à l’aide d’insectes. Le passage des tubes à essai traditionnels aux systèmes biologiques – enzymes, microbes ou insectes – permettra la construction de nanomolécules complexes.

La synthèse par les insectes pourrait être appliquée à un large éventail de molécules et de fonctions, forgeant ainsi des liens entre la chimie organique et la biologie synthétique.

Source CHEMEUROPE

L’acquisition de l’été pour MERCK / MSD

L’acquisition de l’été pour MERCK / MSD

Merck & Co./MSD vient d’annoncer le rachat pour la somme de 10 Md$ du britannique Verona Pharma, un spécialiste des traitements innovants des maladies respiratoires.

Cette opération permet à la big pharma américaine d’enrichir son portefeuille dans les maladies cardio-pulmonaires avec Ohtuvayre (ensifentrine), un traitement inhalé de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui a connu un lancement prometteur depuis son approbation par la FDA l’an passé, en générant 42,3 M$ de ventes sur la fin de l’année 2024.

Ohtuvayre est le premier traitement inhalé pour le traitement d’entretien de la BPCO chez l’adulte, combinant bronchodilatateur et anti-inflammatoire non stéroïdien en une seule molécule. Verona a évalué Ohtuvayre nébulisé dans le cadre de son programme clinique de phase III ENHANCE (« Ensifentrine as a Novel inHAled Nebulized COPD thErapy ») pour le traitement d’entretien de la BPCO. Ohtuvayre a atteint le critère d’évaluation principal des études ENHANCE-1 et ENHANCE-2, démontrant des améliorations statistiquement et cliniquement significatives de la fonction pulmonaire. Une association à dose fixe d’ensifentrine et de glycopyrrolate, un LAMA, est actuellement en développement pour le traitement d’entretien de la BPCO.

De surcroît, Ohtuvayre est évalué dans d’autres indications respiratoires comme l’asthme, la mucoviscidose et les bronchectasies non liées à la mucoviscidose.

Ses revenus annuels pourraient dépasser, à terme, 3 Md$.

Cette acquisition d’envergure pour Merck & Co./MSD, semble anticiper l’année 2028, qui sera celle de la chute dans le domaine public du brevet de son blockbuster Keytruda (pembrolizulab). Cet anticorps monoclonal aux multiples indications contre des cancers agressifs affichait 29,5 Md$ de ventes en 2024, soit près de la moitié des 64,2 Md€ de chiffre d’affaires du laboratoire.

Source MERCK

Utiliser les insectes pour fabriquer des molécules biologiques

Connaissez-vous AELIS PHARMA ?

AELIS PHARMA est une start up bordelaise qui développe des médicaments dans des pathologies spécifiques du SNC.

AELIS PHARMA a été créé en 2014 par un médecin neuroscientifique, ancien de l’INSERM, Pier-Vicenzo PIAZZA , qui a découvert un nouveau mécanisme pharmacologique de protection du cerveau ce qui débouche sur une nouvelle classe de médicaments.

Cette nouvelle classe cible un récepteur du système endocannabinoïde, le récepteur CB. Ce neurotransmetteur est impliqué dans de nombreuses fonctions cérébrales

Les inhibiteurs sélectifs de la signalisation (SSi) régulent le récepteur et traitent des maladies liées au dérèglement de ce récepteur.

Deux médicaments sont aujourd’hui au stade clinique :

– AEF 0117 utilisé pour traiter les troubles liées à la consommation de cannabis. Il est en phase 2 de développement.

– AEF0217 est utilisé pour traiter les troubles cognitifs dans la Trisomie 21.

Mais la société se concentre aussi sur d’autres pathologies : obésité, diabète, fibroses.

AELIS PHARMA a bénéficié de plusieurs levées de fonds (70 millions au total) avant et après son introduction en bourse.

Elle compte 32 salariés dont 80 % sont des chercheurs, la plupart PhD, qui s’occupent du développement pré clinique.

Source AELIS PHARMA

Pour une décarbonation des industries du médicament

Pour une décarbonation des industries du médicament

The Shift Project a présenté la synthèse de son travail de recherche collaboratif sur la décarbonation de l’industrie du médicament.

Ces travaux, menés en partenariat avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), et le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM), la Chaire RESPECT (EHESP) et avec le soutien de MGEN.

Le rapport montre tout d’abord que les industries pharmaceutiques sont fortement dépendantes des énergies fossiles et le changement climatique et les tensions croissantes sur l’approvisionnement en énergies fossiles menacent les industries des médicaments.

Il est donc nécessaire dans le futur de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’apprendre à se passer du pétrole et du gaz.

Les objectifs du rapport the The Shift Project étaient les suivants :   

  • Quantifier les émissions de GES sur toute la chaîne de valeur des médicaments consommés en France.
  • Identifier les leviers de décarbonation et proposer des scénarios d’action.
  • Estimer le potentiel de réduction d’émissions jusqu’à -68 % d’ici 2050.

Parmi les chiffres clés, il faut noter qu’en 2023, les médicaments consommés en France ont généré environ 9,1 MtCOe/an, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1 million de Français. Les industries du médicament produisent en moyenne 48 boîtes de médicaments produites par Français et par an, représentant 140 kgCOe/personne/an.

Les étapes les plus émettrices sont :

    • Production des principes actifs (25 %)
    • Activités de R&D (13 %)
    • Activités corporatives (17 %)
    • Logistique, emballages et gaz médicaux

Les principaux leviers de décarbonation identifiés qui permettraient de baisser de 68 % leurs émissions annuelles entre 2023 et 2050 :

Levier

Description

Gain estimé

Efficacité énergétique

Meilleure gestion de l’énergie, récupération de chaleur

-10 %

Relocalisation & électricité bas carbone

Produire en France ou Europe avec un mix électrique propre

-12%

Electrification

Faire baisser les émissions de GES

-4%

Transport

Réduction des distances, modes plus sobres

-5 %

Gaz médicaux

Alternatives moins polluantes (ex : inhalateurs secs)

-6%

Emballages

Allègement et recyclage

-6 %

R&D & activités corporatives

Optimisation des essais, numérique sobre

-6 % à -11 %

Les recommandations transversales mentionnées dans le rapport :

    • Évaluer systématiquement l’impact carbone des médicaments.
    • Inclure le critère carbone dans les achats publics et autorisations.
    • Impliquer tous les métiers de l’industrie dans la transition.
    • Encourager la transparence sur la chaîne logistique et les origines des matières premières.

En conclusion, le rapport pointe que la décarbonation est non seulement possible, mais essentielle pour :

    • Renforcer la résilience sanitaire
    • Assurer la souveraineté énergétique
    • Réduire de 68 % les émissions d’ici 2050, en activant tous les leviers à chaque étape de la chaîne.

Les travaux ont également été menés sur l’industrie des dispositifs médicaux. Les synthèses et rapport sont disponibles sur le site de The Shift Project : 

Source : The Shift Project

De nouvelles normes pour les essais cliniques en Suisse

De nouvelles normes pour les essais cliniques en Suisse

Après le MHRA, Swissmedic souhaite également réduire les délais d’évaluation de certains essais cliniques et lance un projet pilote « fast-track ».

L’agence Swissmedic a déclaré que, sous certaines conditions, les demandes d’essais cliniques de médicaments peuvent être traitées beaucoup plus rapidement que les délais actuels. Cette connaissance a conduit l’agence à lancer un projet pilote destiné à promouvoir l’innovation et à garantir aux patients un accès plus rapide à de nouveaux traitements susceptibles de leur sauver la vie en raccourcissant le processus d’évaluation des demandes d’essais cliniques.

Le projet pilote est ouvert aux médicaments conçus pour répondre à un besoin médical important, quand il n’existe pas de traitement autorisé en Suisse pour cette maladie. Swissmedic accélérera également les demandes d’études portant sur des « médicaments expérimentaux connus ».

Les fonctionnaires disposeront de 20 jours pour examiner les demandes, contre 30 jours dans le cadre de la procédure standard. L’agence évaluera les demandes d’essais cliniques chez l’homme en 40 jours, contre 60 jours dans le cadre du système actuel.

Swissmedic a déclaré que les nouveaux délais « placent clairement la Suisse au premier rang par rapport à d’autres pays ». L’agence a déclaré qu’une procédure comparable dans l’Union européenne « prend souvent plus de 50 jours ». En vertu du règlement de l’UE sur les essais cliniques, la procédure d’évaluation en deux parties peut se dérouler en parallèle, chaque partie prenant jusqu’à 45 jours. La procédure est prolongée si des demandes d’information ou des avis d’experts sont nécessaires.

La mise en œuvre par Swissmedic du projet pilote de procédure accélérée fait suite à l’adoption d’une législation qui réduira les délais d’examen des essais au Royaume-Uni, un pays qui, comme la Suisse, fait partie de l’Europe mais n’appartient pas à l’Union européenne. La nouvelle loi britannique donne au MHRA sept jours pour valider les demandes et 30 jours supplémentaires pour les examiner. Ce délai de 30 jours comprend l’examen réglementaire et éthique.

Les nouveaux délais entreront en vigueur au Royaume-Uni en avril 2026. Le projet pilote de Swissmedic a débuté ce mois-ci et devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2026. L’agence adopte la procédure accélérée en tant que projet pilote car un amendement juridique sera nécessaire pour établir une procédure permanente. Selon Swissmedic, les législateurs ne pourront pas procéder à cette modification avant 2027 au plus tôt.

D’ici là, les entreprises pharmaceutiques, les instituts de recherche et les établissements de soins de santé bénéficieront de la réduction des délais de traitement, car elle permettra de lancer plus efficacement les essais cliniques et de mettre plus rapidement à disposition des traitements innovants », a déclaré Swissmedic.

Source : RAPS