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Que faut-il retenir de la réunion JP MORGAN de San Francisco ?

publié le 27 Jan, 2026

Pour ceux qui n’ont pas pu aller à San Fransisco, voici les principaux points à retenir de la 44e conférence annuelle JP Morgan Healthcare Conference, qui s’est tenue du 12 au 15 janvier 2026 à San Francisco, en matière de biotechnologies et de laboratoires pharmaceutiques.

Environnement des deals et fusions-acquisitions (M&A)

Bien que l’année 2025 ait vu une accélération des transactions (environ 8,3 milliards de dollars en deals lors de la conférence), peu d’annonces phares ont eu lieu sur place. Parmi les deals pré-conférence notables : Eli Lilly a investi 1 milliard de dollars avec Nvidia pour un laboratoire d’innovation IA en découverte de médicaments ; Novartis a signé un accord de 1,6 milliard de dollars avec SciNeuro pour un anticorps anti-amyloïde en Alzheimer et 50 millions avec PepLib pour une thérapie radioligande en oncologie ; AstraZeneca a acquis Modella AI pour accélérer sa R&D en oncologie ; AbbVie a conclu un deal de 5,6 milliards avec RemeGen pour un anticorps bispécifique PD-1/VEGF en tumeurs solides ; Pfizer a racheté Metsera pour renforcer son pipeline en obésité ; et Bristol Myers Squibb a acquis Orbital Therapeutics pour étendre les thérapies cellulaires aux maladies auto-immunes. Les big pharma cherchent des actifs à faible risque pour contrer les expirations de brevets.

Optimisme et fondamentaux solides dans la biotech

Le secteur entre en 2026 avec des pipelines plus spécialisés et une croissance diversifiée (maladies rares, neurosciences, immunologie, oncologie, cardiométabolisme). Les investisseurs sont enthousiastes pour les actifs en phase avancée, avec une « discipline » financière accrue. L’indice XBI des biotechs américaines a grimpé de 40 % depuis l’an dernier, signalant une « renaissance ».

Explosion des radiopharmaceutiques et radioligands

Ce domaine émerge comme une « prochaine grande avancée en oncologie, similaire aux conjugués anticorps-médicaments (ADC), avec une livraison radioactive ciblée pour une efficacité élevée et une faible toxicité. Novartis investit dans une usine en Floride pour ces thérapies, et des startups comme Aktis ont réalisé la première IPO biotech de l’année. Des défis comme les demi-vies courtes persistent, mais une croissance explosive est attendue.

 IA intégrée à la découverte de médicaments

L’IA devient organique dans les workflows pharma, avec des collaborations comme Lilly-Nvidia ou AstraZeneca-Modella pour accélérer la découverte, l’identification de cibles et les essais cliniques. Des exemples incluent Recursion Therapeutics utilisant l’IA pour réduire les polypes dans le cancer colorectal héréditaire. L’IA aide aussi au profilage moléculaire pour la médecine de précision, avec un marché oncologique évalué à 53,2 milliards de dollars en 2023.

 Expansion du marché de l’obésité et des GLP-1

Eli Lilly prévoit une croissance annuelle de 5-7 % grâce aux GLP-1 (comme Zepbound), avec plus d’1 million de patients via LillyDirect. Novo Nordisk cible le canal direct-to-consumer (DTC) avec des partenariats comme Ro Health et Costco, estimant 100 millions d’Américains obèses non traités. Pfizer lance 10 études en phase avancée post-acquisition de Metsera. Amgen avance son candidat MariTide pour le maintien de la perte de poids.

Focus sur l’oncologie, les maladies rares et les neurosciences

Les pipelines se concentrent sur l’oncologie (ADC, bispécifiques PD-1/VEGF), avec Roche prévoyant 10 initiatives en phase 3 en 2025. Plus de 25 médicaments orphelins attendus pour approbation FDA en 2026. En neurosciences, des avancées en Alzheimer (Novartis-SciNeuro) et psychédéliques émergent. Les maladies rares attirent les investissements grâce à des données solides et des partenariats.

Rôle croissant de la Chine et dynamiques globales

La Chine devient une source clé d’innovation (un tiers des médicaments novateurs), avec des essais cliniques 30 % moins chers et plus rapides. Neuf deals entre pharmas occidentales et chinoises en 2026. Des disparités de prix persistent (États-Unis 2,78 fois plus cher que l’Europe), compliquant les stratégies globales.

Introductions en bourse (IPO) et financements

Une fenêtre IPO s’ouvre, avec Eikon (immuno-oncologie), Veradermics (perte de cheveux) et Aktis (radiopharma) annonçant des plans. Cela injecte du capital et offre des alternatives aux acquisitions.

Globalement, la conférence souligne une préparation accrue des big pharma face aux falaises de brevets, avec une emphase sur l’exécution, les partenariats sélectifs et les modalités émergentes comme les thérapies in vivo et les xenogreffes. Des risques comme les échecs en phase 3 ou la déflation des prix persistent, mais l’humeur est à la confiance pour une croissance soutenue jusqu’en 2030.

Sources : Articles de Presse Reuters, Bloomberg, JP MORGAN, Bioipharmadive

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