À Limoges, des chercheurs ont mis au point un outil capable de trouver, en quelques heures, le bon traitement antibiotique pour le bon patient
Derrière une apparence anodine, cet objet, “Damoclès”, renferme une technologie prometteuse : le prélèvement d’un patient malade y est introduit, la machine l’analyse, identifie la bactérie en cause, et propose l’antibiotique le plus efficace.
Après plusieurs années de conception, l’efficacité de Damoclès est désormais démontrée : « Les développements effectués sur les infections urinaires nous permettent de penser que l’on pourrait vous faire un diagnostic directement à partir de votre urine en moins de cinq heures, ce qui est vraiment un progrès considérable ».
Selon le protocole actuel, une fois prélevée, une bactérie est placée en culture pour qu’elle se développe ; des antibiotiques sont ensuite testés afin d’identifier le plus efficace. Tout le problème de cette démarche réside dans le temps qu’elle nécessite : pendant quarante-huit heures et l’attente des résultats, le patient reçoit un antibiotique générique qui ne se révèle pas toujours adapté. À force, de plus en plus de bactéries s’y habituent, s’adaptent et finissent par résister, empêchant la guérison des patients. Cette problématique est la raison d’être de Damoclès.
Au centre de bactériologie du CHU de Limoges, des chercheurs participent au projet. « Le bon usage des antibiotiques, c’est le bon antibiotique, pour le bon patient, à la bonne dose, avec la bonne voie d’administration, pendant la bonne durée de traitement », pose Marie-Cécile Ploy, professeure en microbiologie à l’hôpital.
« C’est un enjeu de santé publique majeur. Le dernier article sorti montre, à l’horizon de 2050, une prévision de trente-neuf millions de morts dues à l’antibiorésistance dans le monde ». L’équipe de Damoclès vient de participer à son premier salon commercial, à Lille, afin de présenter sa technologie.
En pleine levée de fonds, l’entreprise DAMOCLES DIAGNOSTICS ambitionne de lancer une production d’ampleur pour permettre à des hôpitaux et des laboratoires de s’équiper. La médecine animale, pour les vétérinaires, constitue le premier secteur visé. La santé humaine représente l’objectif à long terme.